Témoignages et articles divers

Cette section est utilisée pour :

  1. La parution d'articles écrits par des participants qui relate leurs expériences et leurs cheminements lors de la formation d'initiation au kayak d'eau vive (KEV2);
  2. La parution de texte de moniteurs;
  3. Autres témoignages de participants.

Je tiens à remercier la contribution de tous ceux qui ont participé à la rédaction d'articles.

Voici le lien vers les archives Le P'tit Rappel - Journal officiel du CCKEVM

Roger Fillion
Directeur pédagogique du CCKEVM

Témoignage d'une kayakiste (Lynne Roy) : Dans ma tête, il y a une jeune fille de 24 ans!

Je vous raconte un pan de ma vie qui a été modifié par le kayak d'eau vive... pas seulement par la pratique en soi, mais aussi par tout ce qui s'y rattache d'humain.  Les deux dernières années sont une succession de rencontres et d'échanges. Ceci m'a mené à prendre des décisions majeures pour ma santé: travailler à remettre mon corps dans une forme acceptable et par le fait même permettre de repousser deux opérations majeures aux genoux.  C'est ainsi que je peux dire qu'à près de 57 ans, j'ai une jeune fille de 24 ans qui m'habite !

Le contact

S'occuper d'un jeune garçon faisant face à des questions existentielles d'ado, des difficultés scolaires majeures, en même temps qu'il subit divers problèmes médicaux collatéraux qui, malheureusement se succèdent, c'est un engagement de tous instants! La préoccupation principale étant de l'aider dans ses efforts pour améliorer son estime de soi, je suis partie en quête d'une activité où il se sentirait motivé.
C'est par un très grand hasard que ma recherche internet s'est arrêtée sur le sport de kayak d'eau vive; ça aurait pu être n'importe quoi d'autre !  En fait, j'ai cogné à la porte de plusieurs autres sports, laissé beaucoup de messages, puis, j'ai eu un appel d'un certain Roger.  Il a écouté mon histoire, pris au sérieux mes craintes pour mon garçon et il s'est fait rassurant.  C'est aussi monsieur le hasard qui a fait que Roger m'a parlé de la dernière place qui restait au dernier cours d'initiation de la saison.  Bingo !  Fiston s'est trouvé inscrit et une nouvelle vie commençait tant pour lui, pour moi que pour l'ensemble de la famille: les amis en sont témoins !
Aussi, c'est avec une joie croissante que j'ai encouragé fiston dans son trajet au sein du club dès son adhésion en avril 2015, l'amenant partout où il pouvait apprendre, m'assurant qu'il ait le support adéquat, prenant des photos et contaminant mon conjoint à nous aider dans cette quête du mieux être de mon fils de 15 ans.
Au cours de cette 1ere année, j'ai appris à aimer et à apprécier l'équipe du club: tous ces gens qui s'encouragent les uns les autres, tout en se taquinant sans malice.  Et ce dernier point est primordial à retenir: aucun "Gino Camaro à gros pectoraux" ne viendra te dire que lui a LA recette, que ce que tu fais est "poche" !  Personne ne te regardera avec mépris ou pitié. Je n'ai croisé que des gens de cœur et d'entraide qui donnent sans compter.  Ainsi, fiston a été en mesure de s'adonner à un sport qui lui apportait du plaisir, du soutien, des connaissances transversales  et surtout, lui ouvrait des portes sur un monde actif et sain.

La communauté

En parallèle au Club, il y a tout un monde: la fédération de canoë Kayak d'eau vive, qui reste encore pour moi à découvrir, une préoccupation active pour la conservation des cours d'eau au Québec et pour la promotion de nos rivières et nos vagues, richesses insoupçonnées juste là à proximité de Montréal et d'autres clubs ayant des missions complémentaires, sachant exploiter dans le respect ces ressources inestimables.  Des gens se croisant sur les rivières ou durant les événements de kayak-canoë (tout ce monde, participant et/ou tour à tour, bénévole !), partageant des fous rires, des trucs, des équipements, et surtout collaborant pour l'amour de ce sport.   En fait, je suis tombée amoureuse.  Amoureuse de cette vie, aspirant à partager avec mon fils cette passion, mais surtout être vraiment physiquement active dans la compréhension de ce qu'il vivait de si jouissif avec cette gang de doux fous !
La révélation
Pire, au fur et à mesure que Jacques (mon conjoint) ou moi filmions les exploits, parfois complexes, débiles ou juste très simples de fiston et des amis du club, l'eau, ce potentiel danger, cette source indomptable, cette vie propre en soi... l'eau m'hypnotisait.... il y avait comme un appel divin !  Aurais-je manqué ma vocation ?   Comment il se fait que je n'ai jamais pensé essayer le kayak avant? Sans être une "sportive", je suis active. Diverses expériences de jeunesse en ski m'ont laissé des séquelles physiques importantes. De plus, je suis tributaire de la génétique et l'arthrose ainsi que l'ostéoporose me gagnent à bien des endroits.  Et plus encore, ma vie de sédentaire épicurienne parait au 1er coup d'œil: je ne trompe personne sur mon cas "désespéré".  Alors quoi ?  Qu'est ce que j'espère ? Est ce trop tard pour m'initier à ce sport qui semble plutôt extrême ?

Le grain de folie

C'est mue par le désir de pouvoir suivre fiston que je me suis inscrite au cours d'initiation en piscine: 5 soirs bien intenses, captivants mais épuisants.  Lorsque je relis mes nombreux "posts" sur ma page Facebook où je relate mon expérience au fur et à mesure, je me souviens de la douleur, de l'effort...:
11-02-16: "Haaaa..j'ai mal partout !!! mais.... je "commence" à comprendre le mouvement de l'esquimautage.... c'est plutôt important. Alors je suis fière ! Mais, j'ai mal partout et mon genou droit se déboîte. Ca fait de longs mercredis.... mais, je suis fière et je vais y arriver !"
21-02-16: "Esquimautage....mystère de la Terre promise ??!! Aller, Hop, un bon café pour replacer mes idées — perplexe."
28-02-16: "Bon, mon fils ce matin m'a dit; " maman, ne te décourage pas, tu vas finir pas le faire... ok, tu es vieille, t'as pas la "shape" pour ca, mais tu vas réussir ton esquimautage à un moment donné"... hum... je ne peux pas dire quelle partie de cette échange avec mon fiston, m'a le plus encouragé??!! Je suis perplexe."
Et au long de ce cours, je réalise tellement que je ne suis pas en forme, que mon souffle n'est pas au rendez-vous et que mon poids me bloque: c'est là que je décide, doucement, de me reprendre en main.  En effet, je refuse de me croire trop vieille, je refuse de me dire que je pars de trop loin.  Je débute donc du stretching à la maison, de façon aléatoire mais répétée.  Fait important, ma détermination a contaminé mon chum.
Suite au cours d'initiation, j'ai décidé de poursuivre quelques ateliers de perfectionnement car je ne me faisais pas assez confiance pour me jeter dans le KEV2.  Parmi ceux-ci, un atelier d'esquimautage avec Kayak Sans Frontière (KSF) ... un 12 mai, dans les eaux adjacentes des Rapides de Lachine, brunes et froides.  Aie! quel choc! Et lors de cette journée, je me sens brisée, en morceaux, poquée, épuisée, et mes mains sont enflées.  Pire, mes épaules ne semblent plus à leur place normale.   Est ce que je suis fière d'avoir fait ce que j'ai fait ? Oui. Est ce que je suis encouragée ? Hum.... ouiiiii, mais, il y a tant à faire pour me faire confiance à moi, et je pars de si loin.  Malgré tout cet atelier m'a permis de m'approprier, en rivière, des gestes appris en piscine, de me challenger à prendre une vague en traversant la ligne de cisaillement....en gardant son équilibre, oh!... que du plaisir... effrayant !  Je ne peux que remercier les gars de KSF, et surtout Alex, pour sa patience, sa compréhension de mes limitations, mais aussi pour sa fermeté intense dans ses encouragements et ses directives. 
A la même période, j'ai la chance de suivre un atelier de perfectionnement du club et de profiter en tout petit groupe de l'enseignement des moniteurs bénévoles.  Cela se vit comme une prolongation du cours d'initiation en piscine et ça a été très bénéfique pour moi, j'ai repris confiance (Merci Roger!).  En effet, sans cela, je ne pagaierais plus. Pour quelques personnes, dont je suis, il faut plus de temps pour assimiler la mécanique et se permettre de se "propriosentir" comme le dirait Alex.  De plus, suite à ces ateliers mon corps ne crie plus  en fait... il s'habitue à ce rythme.

La résilience

Forte de cette nouvelle expertise, j'ai fait mon KEV2 sur la Rivière rouge en mai 2016 et je suis vraiment fière de moi.  Mais pour être honnête, Ouf... quelle demande d'énergie durant ces 4 jours intenses!  Sauf qu'aussi, c'est un apprentissage parfait et c'est juste ce qu'il me fallait pour vraiment m'accrocher encore plus. Ceci fait réaliser que l'excellence d'un sport est certainement le travail d'une vie. La persévérance dans un sport débuté sur le tard est une sorte de combat qui doit avoir un but afin de maintenir l'intérêt. Lorsque le but se diffuse, il faut retravailler la motivation pour maintenir le rythme. Par contre, rien n'est acquis en kayak, la persévérance est de mise et la pratique est gage de succès, c'est beaucoup de travail et de passion avec un gros grain de folie...  De plus, on s'y fait régulièrement des "bleus" de toutes les couleurs, et on est si racké qu'on ne peut que se souvenir de son corps à chaque minute car il te le rappelle ...
A l'été, j'ai fait quelques sorties de débutants où je m'y suis fait des peurs incroyables mais siiiiiii excitantes et si magnifiques que je ne pouvais m'empêcher d'y retourner!  Mais surtout, c'est cette immense sensation extraordinaire de se promener à fleur d'eau, de sentir le courant et de suivre la vague tout en apprenant à vivre avec elle qui est si magique !!  Mais ce n'est certainement pas juste "rose" : au cours de la saison, j'ai perdu mon esquimautage, j'ai pris des fouilles d'enfer car je ne gite pas encore du bon bord quand il faut, je nage tout le temps et c'est fatiguant.  J'ai aussi peur de me faire mal: portager est éreintant et ca fait mal aux genoux.  

La bonne direction

Le kayak d'eau vive est un sport un peu fou qui demande beaucoup d'efforts dans un contexte mouvant (l'eau, la vague, les courants) qui ne se maîtrise pas si "naturellement" en fait pour des gens comme moi.  Mais comme c'est un sport tant individuel que foncièrement de groupe, il y a toujours quelqu'un pour t'encourager, pour te sourire, te soutenir, ou qui a son tour a besoin de ton coup de main: on y est en gang, comme dans une famille tissée serrée, mais tout en étant soi même, un individu, accepté comme on est!
Parmi mes rencontres, il y a eu des personnes ayant des carrières en lien avec la santé, ou étant eux même en recherche d'un mieux être.  Ceci m'a permis d'intégrer dans ma compréhension de ma santé des éléments bénéfiques et entre autre boire de l'eau, que je consommais si peu.  L'eau est donc devenue une source de vie que j'ingère mais sur laquelle je veux aussi surfer.  Et monsieur le hasard me suivant toujours, c'est par les échanges entre kayakistes que j'ai découvert un centre de médecine sportive où j'ai été en mesure d'avoir un autre point de vue sur ma santé de façon globale.  Par ces expertises, j'ai modifié ma route.  Et bien qu'au profond de moi je sente que je suis en retard de 25-30 ans pour ce faire, j'intègre réellement qu'en faisant partie de cette communauté de kayak d'eau vive, je prends soin de moi!
Ce qui est important, c'est de sentir que la volonté de faire mien ce sport, et ce sans viser l'excellence, juste le plaisir.... ca m'encourage à continuer de m'entrainer doucement mais surement: faire du cardio, du streching, du yoga... de mieux respirer et pour mes genoux, du vélo, le plus possible.  Bouger pour redonner à mon corps son pouvoir ! 

L'engagement

A la veille de mes 57 ans, c'est la 1ère fois de ma vie que je me sens si motivée à retrousser mes manches, à modifier mes habitudes de vie et donc, à reprendre ma santé en main.  Ce n'est pas acquis, oh, non, et je dois dire que ce n'est pas facile de persister à se lever le matin, faire sa routine sportive et surtout intégrer celle-ci à une vie occupée.  Cependant, je sens que je vais dans la bonne direction et je le dois au kayak, je le dois à la communauté de kayak d'eau vive qui permet aussi des espaces de rencontres et de dépassement de soi qui nous forgent à être meilleurs!!  Merci au CCKEVM et bien sur à vous tous de la communauté du kayak d'eau vive !

 

Contrôler ses peurs et expérience d'assistant moniteur, Patricia Desalliers

Devenir monitrice de kayak d’eau vive, oui, un jour, lorsque j’aurai plusieurs années d’expérience… C’est ce que je me disais.

Mais au fond, pourquoi attendre si on est passionné de ce sport et qu’on veut partager notre passion?

Je pagayais depuis à peine 1 an, mais je voulais donner du temps à ce beau sport et partager ma passion. J’ai donc été assistante dans les cours KEC1, KEV2 et KEV3 et ce fut une superbe expérience.

J’ai réalisé qu’au fond, on n’a pas besoin d’être un pro du kayak pour donner un coup de main aux nouveaux et leur partager notre passion. Il est toujours possible d’aider, peu importe notre niveau de pagayeur. C’est très gratifiant de participer aux cours en tant qu’assistant et on crée de beaux liens de confiance avec les participants. C’est vraiment agréable de les voir progresser et dans mon cas, j’étais en mesure de comprendre la nervosité de certains et je crois avoir encouragé certaines personnes en leur parlant de mon parcours comme kayakiste.

Aussi, en étant assistant, on refait les cours, mais avec un autre œil ! Même si souvent c’est des techniques qu’on a déjà vues, on en apprend toujours, car on comprend mieux les explications des moniteurs, on détecte mieux les erreurs et ça pousse à se poser des questions sur notre technique et s’améliorer.

Petite anecdote de mon expérience comme assistante avec le KEV3. À la base, j’ai la fâcheuse tendance à être extrêmement nerveuse et la peur est le plus gros frein qui me limite pour m’améliorer encore plus en kayak. D’ailleurs il n’y a pas si longtemps, lors de mon KEV2 l’an passé, et même un peu par la suite, j’avais tellement peur que je dessalais avant même d’avoir la tête dans l’eau. Beaucoup de progrès ont été faits depuis, mais je reste encore très nerveuse, et j’ai même peur, quand je fais une nouvelle rivière. J’aurais donc dû l’être lors de la descente du Canyon avec le groupe du KEV3, car c’était ma première fois. Mais non! J’étais tellement concentrée à garder un œil sur les participants que j’ai été assez calme et même effectué un sauvetage en T dans confusion! Ce fut une bonne expérience, je me suis surprise sur mes capacités et j’ai appris qu’il faut toujours garder une main sur sa pagaie quand on aide quelqu’un… car j’ai failli la perdre… on en a bien ri par la suite !

Et voilà que maintenant, je veux continuer le parcours vers les cours de moniteur!

Bref, être assistant dans les cours de kayak, c’est vraiment une super belle expérience et j’encourage tous ceux/celles qui hésitent à le faire à se lancer. Pas besoin d’être un pro, juste besoin d’être passionné de kayak d’eau vive!

Suis-je assez solide pour m’inscrire au KEV3?

Discussion entre Fiona et Roger une semaine avant la formation du Kev3 2016 :

Fiona : Je me suis fait dire que l’on devait avoir un esquimautage 4 sur 5 pour faire le KEV3. Est-ce que je devrais attendre pour suivre cette formation ou reprendre le KEV2?

Roger : Premièrement, l’esquimautage n’est pas un prérequis pour le KEV3, mais souhaitable. Ce cours n’est pas un cours pour perfectionner l’esquimautage, mais les techniques. Oui nous allons vous donner quelques conseils pour améliorer votre esquimautage, mais vous devez vous attendre à beaucoup plus au niveau des techniques. Je ne te conseille pas de refaire le KEV2, tu vas t’ennuyer. Le KEV3 est vraiment un cours pour toi.

S’inscrire ou pas? C’était une bonne question. J’ai fait mon Kev 2 il y a deux ans, pas fait beaucoup de sorties, suffisamment pour m’améliorer et esquimauter assez souvent en eau vive!

Après réflexions, je décide de me lancer. Principalement pour augmenter ma confiance et qui sait, peut-être apprendre à faire des appuis, question de diminuer la fréquence à laquelle je regarde le fond de la rivière dans le blanc des yeux. J

La première journée on a revu le KEV 2. C’était intéressant, avec deux années d’expérience, on comprend les choses d’une différente perspective. Circulaire, appel, gite, entrée de courant, on travaille fort. Mes bras étaient déjà morts après le premier back pour se rendre au site d’entraînement! J’ai été choyée, notre petit groupe de romantiques a eu l’aide de 3 encadreurs presque tout le week-end. En après-midi on a pratiqué l’esquimautage. Après avoir corrigé mes mains, l’angle de ma pagaie, puis je ne sais plus trop quoi, totalement détrempée et gelée, j’ai fini par comprendre qu’il y aura toujours quelque chose à améliorer dans ce mouvement-là!  Alex de Matane m’a montré comment faire des appuis, croyez-le ou non j’ai eu l’impression de comprendre, right?! Ma journée s’est terminée par une descente de la familiale avec papillons avant de partir. Ça s’est super bien passé.

Deuxième journée, retour sur le jour 1, puis pratique de nouvelles techniques. J’ai l’impression qu’on commence à être meilleurs. L’avant-midi se termine par une descente d’une section de rapide au bas de Table Rock. Les moniteurs nous font la lecture du rapide puis nous proposent de l’essayer en nous montrant par où passer. Je ne sais pas quel R c’était, mais ça semblait impressionnant. Il débouchait sur un rouleau. Tout le monde spéculait sur la capacité de rappel du rouleau jusqu’à ce que Roger nous démontre qu’il collait quand même fort après l’avoir surfé. Moment fort, je décide de me lancer, mon cœur débat pour de vrai. Le départ brasse moins que je pensais. Je réussis à passer exactement où je veux. Puis, je me fais déstabiliser juste avant le rouleau et j’ai le réflexe incroyable de donner un coup de pagaie du côté où il aurait fallu un appui, ça fait la job!

Notre journée se termine par des descentes de la familiale, de côté, en même temps que le courant. France et moi on se lance le défi de faire des giratoires dans les grosses vagues de la fin et on a du fun. Pour finir le cours, nos moniteurs prennent le temps de nous apprendre comment vider un kayak sur une rivière. Ceux qui doivent se jeter à l’eau rouspètent, c’est drôle (dit celle qui n’a pas eu à le faire, car jumelée avec notre aide-moniteur Patricia qui n’a pas besoin de pratiquer la technique).  En remontant vers le camping on a la chance de regarder des kayakistes surfer une grosse vague dans la familiale. C’est beau et inspirant.

Merci au CCKEVM pour ce week-end génial!!
​Fiona Beaudoin

 

Vous rêvez de pagayer à l'étranger? Voici une trouvaille en or!

«Maryse et moi revenons d'une semaine de kayak d'eau vive en Grèce. Une recherche internet nous a permis de trouver une compagnie qui offre des voyages de kayak en Europe : Gene17 kayaking. La Grèce nous semblait un endroit parfait et accessible pour notre niveau, nous avons pris la décision de partir à l'aventure. Pourquoi la Grèce me demanderez-vous ? La Grèce est plutôt inusitée pour le kayak d'eau vive... on entend plutôt parler de l'Amérique centrale ou du Sud (Mexique, Écuateur, Chili, etc), mais détrompez-vous, la Grèce vaut vraiment le détour! Au cours de notre voyage, nous avons pagayé sur différentes sections de 3 rivières toutes plus magnifiques les unes que les autres. Le niveau de difficulté était approprié pour nous, soit du R2-R3 avec quelques sections de creek. À mon avis, c'est un niveau parfait pour bien apprécier la beauté des paysages sans trop de stress sur la rivière tout en ayant quelques bons challenges. J'ajouterai que pour profiter de l'expérience au maximum, il faut savoir manœuvrer dans un rapide de niveau R3. Non seulement nous avons vu des paysages à couper le souffle, des rivières d'un bleu presque pas croyable, pagayer dans de profonds canyons, nous avons bénéficié d'un guide très professionnel et très compétent. Quelques bonnes anecdotes ont ponctué notre séjour, le « Kalamari move » et le baptême du « OMG section » pour ne nommer que ceux-ci.

 

Alors ceux qui ont pagayé avec moi dans de gros rapides ont probablement eu la chance de m'entendre pagayer.. oui oui, m'entendre... car parfois en pagayant je parle: «  Oh boy! Oh boy! Oh boy!  » Ou la variante « Omg! Omg! OMG!  » Pour notre avant-dernière journée de kayak, nous avons décidé de descendre un petit canyon très manœuvrier et plutôt impressionnant. Assez impressionnant pour se mériter le omg... omg... OMG !! Malgré ma concentration à son plus fort et ma volubilité, également à son plus fort, j'ai mal attaqué le dernier trou et bloup bloup bloup !! Ah j'ai bien frappé quelques roches avant d'esquimauter, mon casque conserve d'ailleurs les cicatrices du passage et j'en suis très fière!! Après s'être assuré que j'étais intacte, le guide à surnommé la section : the OMG section! Au final, la omg section n'aura réussi qu'à me laisser une toute petite ecchymose d'un pouce carré.

Après notre 3e journée de descente, nous avons fait un road trip avec notre guide et notre hôte. Ils nous ont amenés manger dans un petit restaurant grec au bord de la mer. Afin que nous puissions goûter aux saveurs locales, ils se sont fait un plaisir de commander pour nous, sans savoir que c'était la première fois que je mangeais du calmar (Kalamari en grec). Nous avons tous bien ri de mes expressions faciales devant cette nouvelle expérience culinaire. En sortant du restaurant, le guide m'a prévenu : « ne bois pas trop d'eau sinon le kalamari va nager dans ton ventre... Ou pire, le Kalamari te transformera de l'intérieur et des choses bizarres arriveront » Le Kalamari ne s'est pas trop fait attendre pour se manifester, dès le lendemain, il a fait des siennes ! Donc, après avoir le baptême de la OMG section, l'eau était parfaitement calme (ou presque) et sans raison apparente, me voilà qui chavire suivi d'un esquimautage. Cette séquence était si bien exécutée que le guide l'a surnommé le Kalamari move:  « aaaammmaaaazing, dit-il d'un ton taquin, le rapide est terminé et elle nous fait son move ;) »  Et ce kalamari move je l'ai malheureusement pratiqué ... plusieurs fois …

Pour sa part, Maryse ne s'est peut-être pas fait possédée par le Kalamari, mais elle a subi les foudres du Dieu Hadès. Pour notre 4e journée, nous sommes allées sur la rivière Acheron. Cette rivière est réputée dans la mythologie grecque pour être un passage vers le royaume des morts. Malgré qu'elle avait amené une pièce de monnaie pour payer son passage et rester dans le monde des vivants, il a fallu qu'elle se démène pour ne pas être emportée dans les abîmes ! Esquimautage après esquimautage, elle a finalement réussi à s'en sortir indemne, avec quelques jointures ensanglantées.

 

Outre l'expérience inoubliable de faire du kayak dans un décor enchanteur nous avons eu la chance de découvrir un peu la culture et les saveurs de la région. Merci à la générosité et à la gentillesse de notre guide et hôtelier, tous deux des Grecs. Bref, je me suis sentie privilégiée de pouvoir pagayer en Grèce, cadre enchanteur aux décors splendides, un vrai paradis caché!

Je recommande chaudement la compagnie Gene17 kayak. Cette compagnie Britanique emploie des guides expérimentés et très qualifiés, dans un ratio de 1 guide pour 3 pagayeurs sur les rivières. Ils sont tous formés pour le sauvetage en eaux vives et ont à cœur la sécurité sur la rivière. En plus de pagayer de magnifiques rivières, les guides sont également instructeurs. Ils cherchent donc à ce que l'expérience soit non seulement agréable, mais aussi à ce que les participants s'améliorent et deviennent de meilleurs kayakistes. Beaucoup de feedback nous a été donnée par notre guide. Le voyage est bien structuré , le niveau de difficulté des rivières augmente au fur et à mesure que le voyage avance. Il y a une certaine marge de manœuvre quant aux rivières et le guide s'adapte aux goûts/aptitudes des participants.

Certains de leurs voyages, en l'occurrence celui en Italie et en Norvège, sont plus avancés et s'adressent à des pagayeurs à l'aise dans des rivières de creek. Allez faire un tour sur leur site internet http://gene17kayaking.com/, vous aurez peut-être le goût vous aussi de vous lancer à l'aventure sur des rivières Européennes!

Brigitte Boileau et Maryse Boulianne

KEV2-2 2015 - Zachary Roy-Guertin, 16 ans

Je m'appelle Zachary et je viens juste d'avoir 16 ans.

Je fais du kayak d'eau calme depuis je sais pas combien de temps, et j'avais envie d'essayer quelque chose d'autre. J'ai rejoint le club au mois de mars pour faire mon KEC1 en piscine. À ce moment, je vivais une période difficile cause de nombreux rendez-vous médicaux qui on fait descendre mes résultats scolaires, en plus des difficultés sociales dues à l'adolescence...

Le fait de réussir le cours m'a donné une plus grande confiance en moi et m'a aidé a traverser cette période et à dépasser mes idées sombres. Malgré la difficulté relative du cours, je progressais rapidement et après chaque cours, j'étais fier de moi.

Le KEV2 m'a beaucoup plus sorti de ma zone de comfort, car j'étais obligé de socialiser (pis c'est pas mon fort). Tout le monde a sa place et les accompagnateurs savent mettre à l'aise.

Bref, selon moi, c'était une expérience belle et enrichissante que je conseille aux gens qui veulent sortir de leur zone de comfort.

Techniques de descente

En attaque (descente rapide), descente de côté (descente lente)

J’ai appris le kayak avec la technique d’attaque. Nos moniteurs nous criaient constamment : PAGAIE-PAGAIE-PAGAIE. La raison première était qu’ils voulaient que nous ayons la pagaie dans l’eau. Une pagaie dans l’eau est un appui.  Longtemps après mes cours j’ai compris le tout et ajusté mon discours pour donner de meilleurs outils de descente aux débutants.

Voici quelques caractéristiques pour chaque technique

La descente en attaque :

  • Vitesse de descente rapide, donc les obstacles arrivent rapidement et laissent moins de temps pour réagir;
  • Les manœuvres latérales sont difficiles à exécuter. Vous devriez vous mettre en BAC pour faire les manœuvres et vous n’êtes pas confortable en descente de reculons;
  • La rivière est agressive avec vous, l’eau gicle lorsqu’elle frappe le kayak. Une vue tunnel se forme et vous avez de la difficulté à vous situer dans l’environnement;
  • Les vagues vous frappent dans tous les angles, il est difficile de choisir les angles de contact avec les vagues;
  • Permet de défoncer les obstacles, comme rouleaux plus gros et pleureuses.

La descente de côté :

  • insécurisant au début, mais que ca vaut la peine de se pratiquer;
  • Vitesse de descente plus lente;
  • Toujours en position de déplacement latéral, permet d'être plus réactif;
  • Meilleure perspective de l’environnement causé par : rivière moins agressive,  identification des obstacles plus tôt;
  • Diminution du stress;
  • Sentiment d’être en harmonie avec la rivière;
  • Le ressenti des mouvements d’eau est sécurisant;
  • Développe l’autonomie en rivière en permettant d’améliorer la lecture de la rivière et l’identification des obstacles.

Lors de la descente, j’utilise une technique que j’appelle « Brasser de la soupe » :

  • Kayak à 3h ou 9h;
  • Pagaie dans l’eau sur la tranche à la hauteur des hanches;
  • Pagaie très profonde dans l'eau. Je préfère une posture compact pour conserver une position forte. L'angle au niveau du coude et la distance entre le manche de la pagaie et le tronc sont des points à surveiller;
  • Circulaire/ rétrocirculaire. Pousser et/ou tirer pour déplacer le nez du kayak en utilisant le tronc. Si le devant du kayak est rive droite (9h), on déplace de 11h à 7h rapidement;
  • Le mouvement de la pagaie dans l’eau vous donnera un appui très puissant à tout moment;
  • Le ressenti après quelques exercices vous apprendra à utiliser le tronc en respectant la boîte imaginaire de la position de base. Le transfert d’énergie vers les pieds est surprenant;
  • Le point de pivot doit être ressenti au niveau du bassin.

Je vous recommande de vous familiariser le plus tôt possible avec cette technique. L’environnement pour expérimenter cette technique ne doit pas être trop difficile. Après quelques descentes dans un rapide facile, commencer à vous fixer des défis dans des rapides plus difficiles. Rapidement vous trouverez vos repères et vous aurez beaucoup de plaisir.

Questions/Réponses

Est-ce que j’ai besoin d’une gîte lors de la descente de côté?

Non, la gîte est nécessaire quand le différentiel entre le Kayak et la vitesse de l’eau est grand. Plus le différentiel est grand, plus la gîte doit être forte. Lors de la descente de côté le kayak ralentit sa vitesse de descente pour atteindre la vitesse du courant. Il n’est donc pas nécessaire d’avoir une gîte.

Est-il préférable d’avoir ma pagaie dans l’eau en aval ou en amont lors de la descente de côté?

Il pourrait y avoir une légère préférence d’avoir la pagaie en aval seulement pour favoriser la lecture du rapide. Il n’est pas très grave d’avoir la pagaie en amont étant donné qu’il n’y a pas de différentiel de vitesse lors de la manœuvre.

J’aurais le réflexe de croire que c’est très chavirant d’être de côté lorsque je traverse des vagues ou des petits rouleaux.

Il est difficile d’imaginer la sensation de se faire bercer par la rivière. Il faut le ressentir. Il est beaucoup plus facile de monter sur une vague lorsque notre vitesse est la même que la rivière et l’angle de contact avec la vague est très important. L’angle de contact parallèle est à éviter, sauf dans des situations spéciales (side-surf). L’angle d’attaque est une position qui demande de la vitesse et une position qui permet de synchroniser le prochain coup de pagaie au-dessus de la vague, à utiliser avec de plus gros rouleaux ou des pleureuses. Par contre, tous les autres angles peuvent être utilisés sans problème avec des vagues et des petits rouleaux.

J’aurais le réflexe d’avoir une gîte pour compenser le différentiel de vitesse, lors de mon contact avec un petit rouleau?

C’est un bon réflexe pour programmer le cerveau pour les situations de Side-surf, mais il n’est pas obligatoire.

Est-ce qu’il y a un sens à respecter  et des endroits à prioriser pour faire des giratoires lors de descente?

Il faut toujours travailler avec le courant. C’est donc la rivière qui devrait vous indiquer le sens de rotation du kayak. Vous pouvez expérimenter les giratoires dans des trains de vagues, et la synchronisation des giratoires avec le rythme des vagues. Il est souvent plus facile de partir les rotations sur le dessus des vagues que dans le creux.

 

Par Roger Fillion, Directeur pédagogique du CCKEVM

KEV2-1 2014, Julie Descheneaux - toute une expérience

7h15. La cadran sonne. Non, je ne travaille pas aujourd’hui, mais l’inscription pour le KEV2 est permis depuis 15 minutes. Aussi bien dire que je suis déjà en retard.

J’avais cette envie folle et insouciante (inconsciente?!) de m’inscrire à ce cours du KEV2; même une  passion incontrôlée pour un sport que pourtant je n’avais jamais pratiqué. Pas de kayak de mer dans mon cv. Pas de canot. Niete. Peut-être bien une fois ou deux de la chaloupe pour de la pêche au chalet de ma marraine quand j’étais gamine. Et même encore, ce devait être un rêve d’enfants.

Pourtant je pouvais passer 10 min devant les kayaks lorsque je magasinais à la MEC, sans trop savoir pourquoi. « Avez-vous besoin d’aide, madame? Non merci, c’est très gentil je fais juste regarder ».

Aussi bien dire la vérité, je connaissais absolument rien au kayak et pas plus aux sports d’eau vive. Je savais seulement qu’il fallait que j’essaie. Et je ressentais surtout que plus j’essayais, plus j’avais envie de recommencer. Même en piscine : j’avais cette énergie qui ne voulait plus partir à la fin de la séance.

Alors qu’à cela ne tienne, à 7h20 j’étais inscrite. Y paraît que l’avenir appartient à ceux qui se lèvent de bonne heure et c’est ce que je me suis dit en m’inscrivant machinalement ce samedi matin-là, sans me poser davantage de questions.

J’étais loin de me douter qu’étant donné mon horaire, m’inscrire au KEV2 voulait aussi dire me lever à 5h15 le matin même du cours. Ouf! Mais pas question d’être en retard! Et étant donné mes habitudes de tortue, vaut mieux se prendre de l’avance. Y paraît que l’avenir appartient à ceux qui se lèvent de bonne heure : right!

Derrière vérification dans la voiture pour être certaine que tout y est et hop! On part chercher le co-voitureur, le seul de mon cours de piscine qui a eu le courage de s’inscrire à nouveau (durant ma fin de semaine), mais cette fois-ci pour braver les « vraies » vagues, celles de l’eau vive du KEV2.

Mais où diable sont tous les autres qui étaient dans mon cours de piscine? Je m’imagine à penser qu’ils n’ont pas voulu/pu investir autant pour un cours en rivière (et je me surprends à penser à une possible campagne de levée de fonds que le club pourrait faire… …ouin, je suis de même moi…). Scénario B : y’ont juste choké. Mais j’essaie de chasser cette pensée et j’espère que c’est juste une question d’argent puisque si c’est une question de courage, j’ai bien l’impression que je vais être perdante au change.

À quoi ai-je pensé? Suis-je vraiment inscrite? Ai-je vraiment le courage de descendre une rivière? Suis-je capable?
Voilà, le stress monte, entremêlé d’une fatigue inouïe et d’une fébrilité extrême à voir qui seront de la partie et quelle sera l’ambiance. Puis il redescend question de se concentrer sur la route et l’adresse exacte de mon co-voitureur. Une étape à la fois.

La matinée du cours commence et vite les craintes vont se dissiper étant donné l’ambiance chaleureuse et le respect des limites de tous et chacun. Tout est fait pour qu’on se sente à l’aise d’essayer de repousser nos propres limites dans un environnement sécuritaire et collégial. C’est en pagayant qu’on devient kayakiste et c’est une occasion unique de le faire avec des moniteurs expérimentés et des « helpeurs » solidaires qui viennent vous reccueillir lorsque vous manquez votre coup.

Dans le fond, soyons honnête, la pire étape de la fin de semaine, ce n’est même pas quand vous allez apprendre que c’est le moment de braver le rapide familial – quoique j’avoue m’être esclamé « quoi? Maintenant? Déjà? » . Le pire moment de la  fin de semaine, c’est quand il faut (re)mettre son wetsuit. C’était si simple dans la cabine d’essayage… Ici : manque d’espace : check. Humidité / mouille de la veille : check.  Sable, agrémenté parfois de quelques limaces : check. 

Alors si vous débutez, laissez-moi vous donner quelques conseils pour éviter les erreurs des wanna be kayakiste. De un, pensez pas que vous aurez vraiment faim sur l’heure du dîner. Oui vous mangerez, mais oubliez pas qu’il faut repartir (et rentrer dans son wetsuit) Tant qu’à moi, vaut mieux prévoir quelques collations qu’un gros dîner, surtout si vous prévoyez nager. De deux, vous devez prévoir nager lorsque vous ne maîtrisez pas votre esquimautage en eau vive, donc aussi bien dire que vous prévoyez nager, même pour les meilleurs d’entre vous. De trois, inutile d’acheter une caisse de douze (bières), vous serez brûlé à 9h le soir. De quatre, ne soyez pas gêné d’arriver le vendredi soir puisque non seulement vous allez avoir les meilleurs spots pour les tentes mais en plus vous allez vite vous sentir accueilli par la joyeuse bande de lurons du club.

Vous allez rencontrer ici toute sorte de monde, de 15 à 75 ans. Des complètements fous qui vous épateront par la tenacité de leur esquimautage à répétition. Des plus rationnels qui ont une approche axée sur l’évaluation de la situation selon la gestion de leur capacité et de leur énergie. Puis ceux qui sont séduit par la vague, mi-gêné? Mi-balladeux, mais très déterminé à continuer d’apprendre et à pousser leurs limites.
Il y aura aussi toutes sortes de moniteurs passionnés qui se donneront à cœur joie de rire de votre courage sans talents, de vos skills en développement ou de vos erreurs de débutants… Leur patience et leur disponibilité est impressionnante. Leur joie de vive et leur passion de l’eau sont contagieuses.

Au bout du compte, vous serez surtout complètement ébahis par le courage qu’il y a en chacun de nous. Nous avons tous et toutes vaincu et dépassé des peurs qui nous habitaient, qui nous angoissaient ou qui parfois qui nous faisaient être les meilleurs. Nous avons tous et toutes gagné quelque chose d’incalculable : le respect de la vague.

De ces 4 jours passés avec les gens du club, je me souviendrai surtout :

  • du café au lait d’Armelle préparé avec amour un dimanche matin avec l’équipement de camping. Impressionnant!
  • des 4 tentatives d’esquimautage de suite de Khalid. Respect.
  • de la détermination de Nathalie, Geneviève et Richard. Respect au carré.
  • des cliniques de Roger. Pas pour le contenu mais à cause des blagues 18 ans et +
  • de Alain qui met son wetsuit à l’envers. Merci de l’avoir fait avant moi, ça m’a permis d’être plus vigilante.
  • de l’amour inconditionnel entre Benoît et Phil.
  • que ce sport dit « extrême » pour plusieurs peut se pratiquer en famille. Trop génial de voir les familles avec nous!
  • de la cuisine créative et inimaginable de Sébastien. Merci à ta famille qui t’a mis de la pression pour que tu reviennes la 2e fin de semaine ;)
  • que je dois une bière ou une crème glacée à Alex et Dave pour votre remorquage si gentil (oui oui, je m’en rappelle…!)

Je me souviendrai de tous ceux qui maintenant ne savent plus comment gérer leur agenda parce que la rivière les appelle à toutes les fins de semaine alors que ce dernier était, comme moi, déjà fort rempli par la pratique de d’autres sports. J’espère surtout vous revoir bientôt. Nos sourires en fins de journée me garantissent que ce sera le cas ;)

Julie
 

KEV2-1 2014, AL, Témoignage

Expérience d’une débutante avec le club et les diverses formations proposées

J’ai toujours eu un faible pour les activités nautiques et j’ai décidé l’année passée de me remettre dans un Kayak. Mon expérience avait plutôt été en kayak de mer et en kayak de rivière en eau calme avec mon chien, alors les gros bouillons étaient une zone inconnue pour moi. Il faut dire que lorsque l’on consulte les vidéos de kayak on est toujours dans des séquences impressionnantes, c’est comme s’il n’y avait pas de juste milieu. Malheureusement c’est une maladie dans la plupart des sports, la performance dans les extrêmes. En dehors du divertissement pour les yeux, peu de gens peuvent se reconnaître dans de telles vidéos.

Je m’adresse donc au néophyte qui est simplement curieux et qui aimerait avoir le point de vue d’un nouveau membre.

Le cours en piscine est un peu comme une pouponnière où l’on apprend à apprivoiser le matériel et certaines techniques. Je dis bien apprivoiser et non forcément maitriser. Pratiquant plusieurs sport nautique, j’ai hésité à m’inscrire. Avec le recul, je dirai que c’est une étape quasi indispensable. C’est un privilège de pouvoir pratiquer sans les contraintes réelles d’une rivière. C’est aussi l’occasion de se mettre en confiance avec les moniteurs, qui ont ce sport tatoués sur la peau. Parce que lorsque vient l’étape du baptême en rivière on est toujours plus à l’aise si on connait une partie des moniteurs. C’est psychologique, ce qui est connu nous rassure.

Ce qui m’amène à vous parler du cours d’initiation en rivière. Pour avoir vue les deux groupes de l’année 2014, je dirais qu’il y avait deux catégories. La majorité ne savait pas esquimauter, et l’autre partie venait prendre de l’expertise dans toute la palette des techniques en eau vive.

Le point positif, c’est que le site est adapté pour tous les niveaux. Des groupes se forment qui sont encadrés par un moniteur et plusieurs accompagnateurs bénévoles. Techniquement vous devriez nager à plusieurs reprises. On ne devient pas bon en restant au bord de la rive, comme tous les sports, il faut passer par l’étape de la médiocrité ! Et oui …  Vous allez passer par toutes genres d’émotions. En regardant le moniteur montrer les exercices à venir tout va vous sembler beau et facile. Puis en voyant vos collègues vous aller réaliser que c’est pas mal moins fluide, et lorsque viendra votre tour, votre cerveau sera en mode bipbipbip. Vous assimilerez mieux certains exercices que d’autres, vous serez transporté de joie lorsque tout coulera de source, vous serez frustré lorsque plus rien ne marchera, mais votre plus grande démon sera la peur d’échouer. Quoiqu’il en soit, dans le pire des cas vous nagerez un peu avant de pouvoir harponner le kayak d’un encadreur qui viendra vous chercher rapidement.

Ce qui est surprenant, c’est de constater à quel point un groupe de personnes qui ne se connaissaient pas avant de prendre le cours sont solidaires les uns avec les autres devant l’adversité de leur apprentissage. C’est un point que je n’avais pas imaginé en m’inscrivant. Mais ce qui reste le plus impressionnant, c’est l’engagement de toute l’équipe, autant les moniteurs que les encadreurs et les coordonnateurs. Toutes ses personnes ont des niveaux d’expertise élevées et leur dévouement, ainsi que leur patience m’ont « flabergasté ». Le Kayak est un sport individuel, vous êtes seul aux commandes et paradoxalement c’est un sport de communauté où tout le monde s’entraide, peu importe le niveau. Ce qui est rare dans un domaine sportif aussi dynamique. Généralement les experts côtoient peu les débutants et parfois même les méprises. Ils ont juste oubliés qu’eux aussi un jour ont été des débutants…

Dans les descentes de rapides, j’ai souvent nagé parce que je savais que c’était l’occasion pour moi de voir où étaient mes limites de manière sécuritaire, même si j’ai souvent bu la tasse. Ne pas avoir à se soucier de son Kayak, savoir que rapidement on va se faire remorquer, ça c’est un must quand on veut booster sa courbe d’apprentissage. Dans toutes mes sorties j’ai eu vraiment peur deux fois, mais je savais que je ne devais pas paniquer, même si mon cerveau capotait parce qu’il n’avait plus de repère. Et bien sûr, ces deux fois-là sont celles où j’ai tiré le plus de leçons. La première fois qu’on se fait prendre dans une marmite on s’en souvient longtemps ; la première fois que le rouleau d’une vague vous aime tellement qu’il vous garde un peu plus longtemps, on apprend à respecter les forces de la nature.

Et puis, il y a la fierté de progresser après des dizaines de tentatives infructueuses, de se dépasser, d’apprendre à jouer avec la rivière et non la dompter, de prendre conscience que les bras ne font que tenir la pagaie, et que tout le reste du corps travaille. Bref, je vous invite à sortir de votre zone de confort pour aller vivre une expérience unique qui pourrait bien devenir votre prochaine passion avec beaucoup de persévérance et de coup de pagaies.smiley    AL

Le Kayak, quel palindrome, Isabelle Marcoux

 

L’image est simple. À force de côtoyer des passionnés de kayak en eau vive, on comprend rapidement pourquoi « Kayak » est l’un de nos palindromes. Peu importe du côté d’où on le regarde, il revient toujours à sa position initiale, et ce, pour un plaisir garanti!

Bon, j’avoue qu’en considérant le sport ainsi, il doit être donné à tous ceux qui savent nager l’atteinte d’une réussite instantanée des différentes manœuvres. Et pourtant…

Depuis la pratique de ce sport, le dépassement de soi fait maintenant partie de mes batailles psychologiques. Jamais je n’aurais pensé devoir travailler cet aspect autant, sinon plus, que mes capacités physiques. J’étais à la recherche d’un sport me permettant d’aller au-delà de mes limites. Je suis maintenant servie. Seulement, malgré moi, mon côté rationnel m’impose toujours une certaine logique. Pourquoi? Je ne vous apprends rien en mentionnant que ce sport est contre-intuitif. Malgré la théorie et les quelques heures de pratique, il m’est difficile de briser ces barrières qui me hantent. D’où viennent-elles? De la prise de connaissance du risque? Celui-ci survient tout simplement lorsque les mouvements ne sont pas faits selon les règles de l’art. Je le sais bien puisque le Kayak est un sport où la maîtrise de soi et la technique sont au cœur de la réussite. Est-ce la peur de me mouiller ou de nager? Bien sûr que non. Quand on choisi de pratiquer un sport nautique, on prend même plaisir à s’asperger de cet eau si rafraîchissante. Alors, comment expliquer qu’il n’y ait jamais de « Go » après ma courte suite numérique que je m’impose avant de tenter un esquimautage? Je crois dur comme fer que tout est relié à notre disposition psychologique. C’est tout. Il faut que ce petit déclic se fasse pour prendre conscience à quel point il est plus simple de pagayer ou de mettre certaines techniques en pratique lorsque le kayak est la prolongation du corps et que nous avons le sentiment de ne faire plus qu’un avec lui.

Roger Fillion et Isabelle Marcoux – Cours en piscine – Printemps 2010

Pour ma part, en kayak, il n’y a toujours rien d’acquis. J’ai descendu à trois reprises la Familiale (Rivière Rouge) lors de mon cours en rivière. La première descente s’étant très bien déroulée car le goût de l’aventure étant au rendez-vous et que le but était d’en réussir la descente coute que coute. Oui, c’est vrai, je dois admettre, j’ai dû dessaler à la toute fin. Mais, quel bonheur de constater que le fait de dessaler n’enlève aucunement rien au plaisir! À l’approche d’une deuxième descente, on souhaite prendre le contrôle de nos mouvements et du rythme avec lequel nous descendons. À ce moment, ma descente s’est corsée car ma technique cherchait à l’emporter sur la fluidité naturelle de mes déplacements corporels. J’anticipais ma descente à un point tel d’en ressentir un stress important dans mes membres de même qu’au niveau de ma respiration qui devenait de plus en plus profonde et saccadée. Ce n’est pas pour rien que l’on me taquinait avec l’éventuelle possibilité d’avoir recours au sac de papier.

Isabelle Marcoux – Descente de la Familiale – Juin 2010

Encore là, pourquoi? La satisfaction que nous procure uniquement le fait de se lancer dans ce défi, d’oser, est difficilement atteignable autrement. Le fait que nos moniteurs portent un regard de fierté à la vue de notre progression, en seulement deux fins de semaine, vaut tout l’or du monde. Que demander de plus? Pourquoi tant de retenue lorsque la récompense est toujours au rendez-vous? Pourquoi avoir le sentiment que le moniteur qui s’y connaît, qui veille à notre compréhension, empiète dans notre bulle (j’ai un énorme besoin d’être seule dans mon environnement immédiat pour me sentir à l’aise avec mes manœuvres)? Pourquoi ne pas y aller tout simplement en ayant en tête que le mot kayak est un palindrome et que peu importe la position à partir de laquelle on le regarde, il finit toujours par donner le même résultat. À qui sait se pratiquer!

La pratique est gage d’un accomplissement supérieur et les conseils doivent toujours être les bienvenus car les gens qui nous entourent ont une meilleure position que nous pour poser un regard sur nos façons de faire. Les moniteurs et les encadreurs veulent que nous réussissions dans ce sport. Alors, laissons de côté l’orgueil, le côté rationnel et amusons-nous! La preuve, à la fin de mon cours, j’ai réussi à descendre le seuil Élizabeth sans même chavirer. Il suffit d’y croire.

 

Routine de Roger en eau calme

À la fin de chacune des journées effectuées, lors de mon cours de kayak en rivière, je prenais le soin de camper sur papier tous mes apprentissages. Considérant le fait qu’au moment où j’allais me retrouver seule, j’allais me questionner sur les exercices à préconiser, j’ai pris bonne note de la routine proposer par Roger. Avec son accord et tout son mérite, je tiens à partager avec vous cette série d’exercices qui saura vous guider :

·         Étirement 1 (sans l’utilisation de la pagaie) :

L’objectif de cet exercice est d’augmenter la souplesse du tronc pour vous permettre d’être confortable en position de descente de côté.

o   Bien assis dans son kayak, on dépose la main droite au-dessus du genou gauche;

o   Au même moment, on tend la main gauche le plus loin possible sur la queue du kayak;

o   Le regard doit se faire vers l’arrière, ce qui permet un étirement de la colonne.

o   Une fois bien étiré, il faut répéter l’exercice du côté opposé.

 

·         Étirement 2 :

o   Bien assis dans son kayak, pagaie bien en main, on positionne nos bras (coudes vers le haut) afin de créer une boîte rectangulaire entre la pagaie, le corps et les bras;

o   En conservant cette position neutre, faire un pivot du tronc au maximum de son extension, et ce, chacun des côtés (Swing gauche-droite, Swing droite-gauche);

o   Faire un arrêt en position de fin de rotation pour exercer vos abdominaux à retenir cette position;

o   Le pivot doit se faire en maintenant la position des bras. Seuls les abdominaux doivent être en mouvement. Ne pas essayer d’atteindre une position en dehors de votre limite de souplesse.

 

·         Appuie en poussée 1 :

Objectif : mémoire musculaire de la position du haut du corps.

o   Bien assis dans son kayak, pagaie bien en main, on positionne nos bras (coudes vers le haut) afin de créer une boîte rectangulaire entre la pagaie, le corps et les bras;

o   En conservant cette position neutre, faire un pivot du tronc au maximum de son extension du côté désiré (position de descente de côté);

o   Au même moment, il faut chercher à créer un déséquilibre avec son kayak;

o   Pour effectuer l’appuie en poussée, il faut lever le coude au-dessus du manche de la pagaie, et ce, bien entendu, du côté où s’effectue la gîte, avec une inclinaison du tronc vers l’avant;

o   La tête doit être barré sur l’épaule et chercher à tendre le regard vers le fond de l’eau;

o   La main de contrôle serrée et l’autre main relâchée pour permettre au bras droit et gauche de travailler de façon indépendante;

o   À ce moment, il est alors possible de travailler la poussée du bras et le blocage du haut du corps;

o   Vous devez voir dans cet exercice, la pratique du blocage des membres comme ce qui devrait être fait lors de l’esquimautage.

·         Appuie en poussée 2 :

Objectif : renforcement du coup de hanche (terme anglophone : hip snap).

Note importante :  Ces mouvements doivent se faire simultanément à ceux inscrits pour l’appuie en poussée 1.

o   Position de descente de côté;

o   Créez un déséquilibre;

o   La hanche doit se crinquer au moment du déséquilibre, et il doit y avoir une retenu de cette tension avant le relâchement du hip snap;

o   Le genou de la gîte doit être vers le haut et le genou opposé vers le bas;

o   Au moment où s’effectue la poussé du bras, un relâchement de la tension au niveau des hanches se fait pour effectuer le « hip snap »;

o   Vous devez voir dans cet exercice, la pratique du coup de hanche qui sera utilisé lors de l’esquimautage.

 

·         Appuie en suspension :

o   Bien assis dans son kayak, pagaie bien en main, on positionne nos bras (coudes vers le haut) afin de créer une boîte rectangulaire entre la pagaie, le corps et les bras;

o   En conservant cette position neutre, faire un pivot du tronc au maximum de son extension du côté désiré;

o   Au même moment, il faut chercher à créer un déséquilibre avec son kayak en regardant proche du Kayak sur le côté du déséquilibre;

o   Pour effectuer l’appuie en suspension, il faut s’assurer de barrer le corps et la tête;

o   Seul le bras effectuant l’appuie est en mouvement.

o   Attention de ne pas défaire la boîte lors de ce mouvement, risque élevé de blessure aux épaules en eau vive.

 

·         Circulaire

Éléments importants pour une circulaire à droite:

o   Bien assis dans son kayak, pagaie bien en main, on positionne nos bras (coudes vers le haut) afin de créer une boîte rectangulaire entre la pagaie, le corps et les bras;

o   Créez un point d’ancrage, on bloque la pagaie à l’avant, soit à 11h. Conservez un léger angle au niveau du coude. Il est préférable d’avoir une circulaire compacte (plus proche du Kayak) qu’une circulaire avec le bras en pleine extension;

o   Le regard se fait à 13h, ce qui favorise une rotation avec assiette à plat;

o   On barre la pagaie et les bras;

o   Rotation du tronc. Ne pas aller plus loin que votre limite de rotation de votre tronc;

o   Accélération du mouvement : graduelle;

 

·         Rétro circulaire

Éléments importants pour une rétro-circulaire sur le côté droit:

o   position de départ : la boîte avec rotation du tronc au maximum,

o   Point d’ancrage, je plante la pagaie à l’arrière, à 5h ou 6h;

o   La pagaie profonde dans l’eau avec léger angle au niveau du coude. Roger préfère une rétro-circulaire compacte (plus proche du Kayak) qu’une rétro-circulaire avec le bras en pleine extension;

o   barrez les bras;

o   regard à 11 h, favorise une rotation avec assiette à plat;

o   Rotation du tronc;

o   Accélération du mouvement : graduelle, on termine en explosion le menton sur la jupette et la pagaie le plus loin possible vers l’avant. Imaginez que vous lancez un sac de roche devant le Kayak;

 

·         Enchainement :

Manœuvre : propulsion, circulaire et position neutre pour appui.

Séquence : 1, 2, 3, attente, petite circulaire, attente, swing.

Lors de cet exercice imaginé que vous faites le mouvement à partir du contre-courant (reprise de courant).

La remontée du contre-courant doit toujours se faire de façon lente en se concentrant sur l’angle d’entrée et le point A qui est le premier coup de pagaie de vitesse. Le point B représente l’endroit ou je dois faire ma petite circulaire. Toujours faire la circulaire dans le courant. Je préfère voir la circulaire plus loin dans le courant que dans la ligne de cisaillement.

La reprise de courant devrait toujours montrer un changement de vitesse entre l’approche et l’arrivée au point A.

Séquence de la reprise de courant :

·         Dans l’approche, toujours se demander sur quel côté je veux faire le virage pour identifier le côté du coup de pagaie numéro 1. Virage à gauche= Coup de pagaie numéro 1 à gauche;

·         3 coups de pagaie pour la vitesse. Les propulsions doivent être courtes et intenses à l’avant du Kayak, cela permet de conserver l’angle d’approche. Il est plus facile d’ajuster sont approche si les coups de pagaie sont court;

·         Position d’attente pour la circulaire avec gîte;

·         Petite circulaire (¼) en conservant la gîte, en réalité je devrais être en contre gite à la fin du mouvement. Si vous êtes en eau calme, vous aurez du temps pour crinquer le tronc en finissant le mouvement de la circulaire en dehors de l’eau (Note 1);

·         Retenu de la tension du tronc environ 1 seconde;

·         Relâchement de la tension (Swing), je saute rapidement d’un côté à l’autre tout en conservant la gîte;

Note 1 : Par contre si vous êtes en eau vive l’attente et la fin de la circulaire peuvent être absentes, mais l’intensité du swing et le moment d’exécution sont très importants. L’angle d’entrée dans le courant devrait être à 13h, la petite circulaire vous amène à 14h, et le swing devrait être fait avant d’arriver à 15h.

Routine en eau calme, Roger Fillion

1.       Étirement 1

2.       Étirement 2

3.       Appui en poussée 1

4.       Appui en poussée 2

5.       Circulaire

6.       Rétrocirculaire

7.       Enchainement

8.       Esquimautage

Étirement 1

Rotation du tronc, main gauche sur genou droite, main droite sur l’arrière du Kayak. Ajoutez une tension graduelle sur le tronc, en essayant de regarder le plus loin possible en arrière. Vous devez sentir une tension dans la colonne vertébrale.

L’objectif de cet exercice est d’augmenter la souplesse du tronc pour vous permettre d’être confortable en position de descente de côté.

Étirement 2

Rotation du tronc avec la pagaie (Swing gauche, Swing droite).

Prendre la position de départ, position de la boîte direction avant du Kayak (12h), avec les coudes et la pagaie à la hauteur des épaules.

Faire des sauts Gauche-Droite, Droite-Gauche, en se forçant pour ne pas défaire la boîte. Seuls les abdominaux doivent être en mouvement. Ne pas essayer d’atteindre une position en dehors de votre limite de souplesse.

Appui en poussée 1

Description : Appui en poussé en se concentrant sur le haut du corps (épaules\bras\tête).

L’appui en poussée doit toujours commencer avec une rotation du tronc.

Étapes de l’appui en poussée :

a)      Rotation du tronc au maximum (position descente de rivière de côté)

b)      Déséquilibre avec le regard près du Kayak. Le menton devrait être bas et près de l’épaule.

c)       Positionnement de la face de la palme pour l’appui, et levée du coude. La main de contrôle serrée et l’autre main relâchée pour permettre au bras droit et gauche de travailler de façon indépendante.

d)      Barrer le haut du corps.

e)      Pousser du bras en conservant les autres éléments barrés. Portez une attention particulaire à la position de la tête.

Appui en poussée 2

Description : Appui en poussé en se concentrant sur le bas du corps, implication des hanches dans le mouvement (travail du hip snap).

a)      Rotation du tronc au maximum (position descente de rivière de côté)

b)      Déséquilibre avec le regard près du Kayak. Le menton devrait être bas et près de l’épaule.

c)       Lors du déséquilibre, une tension devrait être créée et maintenue sur le côté du tronc (le C de l’esquimautage). Cette tension doit être relâchée rapidement et sec (hip snap) lorsque le temps est venu.

d)      Positionnement de la face de la palme pour l’appui, et levé du coude. La main de contrôle serré et l’autre main relâchée pour permettre  au bras droit et gauche de travailler de façon indépendante.

e)      Je barre le haut du corps.

f)       Relâchement du hip snap et appui  en conservant les autres éléments barrés. Portez une attention particulaire à la position de la tête.

Circulaire

Éléments importants pour une circulaire à droite:

·         position de départ : la boîte

·         je plante à 11 h, la pagaie profonde dans l’eau. Conservez un léger angle au niveau du coude. Je préfère une circulaire compacte (plus proche du Kayak) qu’une circulaire avec le bras en pleine extension.

·         Barrer les bras,

·         regard à 13 h, favorise une rotation avec assiette à plat

·         Rotation du tronc,

·         Accélération du mouvement : graduelle

·         Ne pas aller plus loin que votre limite de rotation du tronc

Rétrocirculaire

Éléments importants pour une rétrocirculaire sur le côté droit

·         position de départ : la boîte avec rotation du tronc au maximum,

·         je plante à l’arrière, 5 h ou 6 h, pagaie profonde dans l’eau avec léger angle au niveau du coude. Je préfère une rétrocirculaire compacte (plus proche du Kayak) qu’une rétrocirculaire avec le bras en pleine extension.

·         je barre les bras,

·         regard à 11 h, favorise une rotation avec assiette à plat

·         Rotation du tronc,

·         Accélération du mouvement : graduelle, on termine en explosion le menton sur la jupette et la pagaie le plus loin possible vers l’avant. Imaginez que vous lancez un sac de roche devant le Kayak.

Enchainement

Propulsion\Circulaire\Position neutre pour Appui

Séquence : 1, 2, 3, attente, petite circulaire, attente, swing

Lors de cet exercice imaginé que vous faites le mouvement à partir du contre-courant (reprise de courant).

La remontée du contre-courant doit toujours se faire de façon lente en se concentrant sur l’angle d’entrée et le point A qui est le premier coup de pagaie de vitesse. Le point B représente l’endroit ou je dois faire ma petite circulaire. Toujours faire la circulaire dans le courant. Je préfère voir la circulaire plus loin dans le courant que dans la ligne de cisaillement.

La reprise de courant devrait toujours montrer un changement de vitesse entre l’approche et l’arrivée au point A.

Séquence de la reprise de courant :

·         Dans l’approche, toujours se demander sur quel côté je veux faire le virage pour identifier le côté du coup de pagaie numéro 1. Virage à gauche= Coup de pagaie numéro 1 à gauche.

·         3 coups de pagaie pour la vitesse. Les propulsions doivent être courtes et intenses à l’avant du Kayak, cela permet de conserver l’angle d’approche. Il est plus facile d’ajuster sont approche si les coups de pagaie sont court.

·         Position d’attente pour la circulaire avec gîte.

·         Petite circulaire en conservant la gîte, en réalité je devrais être en contre gite à la fin du mouvement. Si vous êtes en eau calme, vous aurez du temps pour crinquer le tronc en finissant le mouvement de la circulaire en dehors de l’eau (Note 1).

·         Retenu de la tension du tronc environ 1 seconde

·         Relâchement de la tension (Swing), je saute rapidement d’un côté à l’autre tout en conservant la gîte.

Note 1 : Par contre si vous êtes en eau vive l’attente et la fin de la circulaire peuvent être absentes, mais l’intensité du swing et le moment d’exécution sont très importants. L’angle d’entrée dans le courant devrait être à 1 h, la petite circulaire vous amène à 2 h, et le swing devrait être fait avant d’arriver à 3 h.

Esquimautage

KEV2-1 2014, Manon Houde (À vous futurs débutants kayakistes)

À vous futurs débutants kayakistes,

Je profite de cette tribune pour vous faire part de quelques observations suite aux 4 très belles journées passées en compagnie de nos gentils moniteurs et gentils remorqueurs (kayakistes qui aiment bien se porter à notre secours lors de nages forcées).   Je tiens à vous aviser tout de suite que ce ne sont pas des vacances de tout repos.  Si un jour, vous vous retrouvez dans une situation semblable, vous aurez peut-être à vous questionner sur la raison de votre présence en eaux froides quand vous pourriez relaxer en regardant des vidéos de kayakistes intrépides.

Tout d’abord, il faut souligner la naïveté des participants qui s‘attendaient à performer au-delà de toutes attentes. Un choc nous attendait en constatant le niveau élevé de la rivière et le débit rapide que ça occasionnait. De plus, certains d’entre nous ont pu vérifier la froideur de ces eaux tumultueuses à plus d’une reprise et se rendre compte que le kit du parfait kayakiste n’était peut-être pas adapté aux conditions actuelles.  Mais malgré l’adversité rencontrée, la plupart d’entre nous ont persévéré au-delà de toutes attentes. Il est vrai que nos gentils moniteurs et remorqueurs nous ont assurés que nous étions supérieurs en tous points aux groupes des années précédentes. Il est aussi vrai toutefois que la patience et la résilience de nos gentils formateurs nous ont fait découvrir des forces insoupçonnées en chacun de nous;  ils ont même réussi à convaincre des gentils ex -débutants kayakiste à reprendre le combat, eux qui avaient baissé les bras. C’était sans compter sur les soucis de nos gentils moniteurs de tout faire pour que chacun se sente à l’aise et ainsi, réorganiser les groupes et le rythme d’apprentissage pour que tous puissent poursuivre le but ultime avec le sourire.  Je peux vous assurer que nous avions tous le sourire accroché jusqu’aux oreilles, surtout les ex-débutants redevenus débutants.  

Encore une fois, nous avons eu un choc renversant, lorsque tout bonnement nos gentils guides nous ont présenté le déroulement du premier dimanche en après-midi.  Au programme, le rapide familiale :   très détendus, nous savions que ce rapide serait un défi, mais un défi de type FAMILIALE.  Quelle ne fut pas notre surprise à la vue de ces gros bouillons qui s’étendaient, selon nous, à l’infini! C’est à cet endroit que nous avons eu droit à notre pratique de la nage en eaux vives. Des milliers et des milliers de nageurs s’en donnaient à cœur joie, à essayer d’avaler le moins d’eau possible, mais toujours, en regagnant la terre ferme, avec le sourire. Nous étions de plus en plus à l’aise et même si la nage nous refroidissait les idées, nous progressions à une vitesse fulgurante. Et lorsque nous parvenions à parcourir ce fameux rapide, nous nous sentions les maîtres du monde.

De plus, je tiens à souligner l’effet de groupe qui s’est créé instantanément. Plusieurs d’entre nous sont courageusement venus affronter en solitaire tous ces dangers insurmontables, mais ils n’ont pas pu résister aux charmes de discuter, échanger, plaisanter avec un groupe si extraordinaire que le nôtre. Il ne reste plus qu’à planifier d’autres sorties pour avoir encore plus de plaisir.

Manon Houde

KEV2-1 2014, Nathalie Houde (Ouffff, J’ai survécu!)

Ouffff, J’ai survécu!

L’année passe je me suis retrouvé dans un rappel et j’ai eu une peur incroyable. J’avais fait du kayak 7-8 fois sans cours ou sans encadrement, excepte pour la première descente. Chaque fois que je voyais une rivière qui avait des rapides, je me sentais malade. Je voulais vaincre ma peur et recommencer à faire du kayak.

Ma sœur et moi, nous nous sommes inscrits au cours initiation de kayak en piscine, après le cours, nous nous sommes inscrits au cours niveau 2 en rivière. Depuis le mois de mars, je pensais au cours en rivière, je pensais au rappel, et j’avais une phobie. Un gros blocage!

Le premier week-end du cours, mmmmm, je ne l’ai pas trouvé si drôle.  Gros blocage. J’étais incapable d’aller dans le courant le premier jour. J’étais sur le point de faire mes bagages et partir. Les instructeurs m’ont convaincu de rester, et ils ont fait un miracle avec moi! Avec beaucoup de patience, de conseils et de pratique d’exercices, ma confiance est revenue progressivement.

J’ai fait le familial hier et trois fois le White Dog aujourd’hui.  Certains rouleaux que j’ai franchis étaient d’environ 6 pieds de haut, et cela sur une section qui durait a peu près 30 secs, avec une succession de plusieurs rouleaux de différentes tailles. 30 secondes, c’est long des fois!  

C’est un miracle ce que les instructeurs ont accompli avec moi, je suis tellement contente d’avoir réussi à vaincre ma peur, bien qu’il me reste beaucoup à apprendre.

Ce qui est fantastique, c’est que les membres du club affichent des sorties,  et faire du kayak avec des gens qui ont de l’expérience, c’est super sécuritaire.

Tous les gens qui ont assisté au cours ou donnent leur temps sont super cool. Juste du bon monde.

Faire du kayak c’est comme être en vacances dans un endroit exotique. On oublie tout, quand on est sur l’eau.

Quand je suis parti, j’avais de la difficulté à conduire mon auto, je semblais vouloir giter quand je tournais.  C’est fou, je me sens comme sur l’eau en ce moment pendant que j’écris…

Excellente expérience, je recommence ce sport et ce cours à tout le monde!

KEV2-2 2014, Thais Le Mab

Enthousiaste lors de l'inscription au cours d'initiation en rivière, j'étais un peu plus inquiète en me levant le vendredi matin, veille du 1er cours.

 

Pourtant, une super belle fin de semaine m'attendait: un temps idéal, du sport et de l'émotion, des moniteurs motivants et patients, un enseignement de qualité, une bonne ambiance, de la convivialité et de très belles rencontres.

 

Malgré les maringouins et le bronzage de kayakiste au printemps, je garde un extrême bon souvenir de ces 2 fins de semaine avec l'équipe du CCKEVM.

 

Mission accomplie: j'ai beaucoup progressé tout en prenant du plaisir et j'ai déjà le goût d'un autre week-end de kayak!

Un grand merci

 

Thaïs Le Mab

Relation entre riverains et utilisateurs des rivières (Lettre de Élaine Cousineau et Pierre Dumas)

Souvent, nous avons des témoignages, de pratiquant de notre sport, qui semble incompréhensible. Des riverains souvent exaspérés nous approchent en colère et nous insultent, sans aucune raison apparente, et nous ne savons pas comment agir face à cette situation.

Notre seul pouvoir est d'essayer de renverser la vapeur et de désamorcer le travail de certains pratiquant qui ne respecte pas l'environnement et les communautés qui demeurent près de ces magnifiques ressources.

Nous essayons de passer le message aux nouveaux lors des formations, mais souvent les personnes qui devraient être visées sont des pratiquants qui ne suivent pas ce parcours. Ils sont souvent des pratiquants en marge, un groupe d'amis ou des connaissances qui ont appris sur part eux même. Il débarque n'importe où, et ne sont souvent pas représentatif de la grande majorité de la communauté de pagayeurs. Il y a un travail d'éducation à faire et ce travail passe par vous tous. 

Voici un résumé des recommandations que l'on donne lors de nos formations:

  • respecter les limites de vitesse lorsque vous circulez à proximité des accès aux rivières;
  • Avoir une attention spéciale aux accès de mise à l'eau et de sortie de rivière:
    • ne pas utiliser les sites pour camper,
    • ne pas faire de feux si le site n'est pas aménagé à cette fin
    • ne pas utiliser les accès pour faire le party, soit musique et boisson avec modération S.V.P.
    • ne pas se changer à la vu de tous
    • être courtois avec les riverains

Ces accès sont des privilèges qui nous sont accordés, il est très difficile de rétablir les relations lorsque la confiance est brisée.

Voici une petite histoire qui devrait vous inspiré:

Louis Dionne et Louis Ethier ont descendu la rivière Doncaster le week-end du 16 juin 2014. Élaine Cousineau et Pierre Dumas ont eu la surprise de recevoir deux bouteilles de vin de la part de Louis Ethier au nom du CCKEVM pour les remercier de nous permettre d'utiliser leur terrain privé pour sortir de cette magnifique section de rivière.

Voici la réponse qu'ils nous ont retourner:

Quelle surprise et quelle délicate attention que ces deux bouteilles de bon vin que nous boirons évidemment à la santé de sportifs !

Depuis 2002, il nous fait plaisir de permettre aux kayakistes et pagayeurs d’utiliser notre bord de rivière et notre terrain comme « porte de sortie » après leur périple sportif, ce qu’ils ont toujours fait de façon discrète et respectueuse de notre environnement. 

Merci également à votre association pour cette reconnaissance.

Nous vous invitons à consulter notre site Web où vous trouverez quelques belles photos de la rivière Doncaster en toute saison (galeries photos).

Élaine Cousineau et Pierre Dumas

 

 

Expédition sur la rivière Magpie 2012, Roger Fillion et André Bélanger

Départ de Mascouche

Nous sommes partis de Mascouche le samedi 18 août à 14 h 30. Aucune destination en tête. Idéalement nous devions nous approcher le plus possible de Port-Cartier, parce que nous avions planifié de rencontrer Neilson et Bianca, des références de notre contact Mathieu, pour faire une descente le dimanche avant le départ de l’expédition. Après avoir soupé à La Malbaie, nous avons repris la route vers 17 h.

Avant l’arrivée au traversier de Tadoussac / baie Ste-Catherine, nous suivions un poids lourd, et nous avions remarqué des étincelles derrière la remorque. Nous supposions que c’était une chaine qui trainait derrière. Subitement, j’ai comme l’impression qu’un couvercle de poubelle est emporté part le vent près d’une maison près de la route, et à la dernière minute après le rebond de l’objet sur la maison je déduis que le couvercle de poubelle est plutôt une roue de la remorque que nous suivions. Je décide donc de prendre mes distances tout en essayant de comprendre ce qui s’était passé. Quelques centaines de mètres plus loin nous apercevons le feu prendre sous la remorque, je n’ose vraiment pas me rapprocher, je pré faire garder mes distances. De toute façon, nous sommes seulement à quelques kilomètres du traversier. Arriver au traversier le camion s’immobilise, en même temps une camionnette nous dépasse à vive allure.  Un homme descend du véhicule et se précipite sur le conducteur du camion, prêt à déverser une série d’insultes : tu roulais comme un malade,  J’ai reçu une roue de ton camion dans mon salon, toutes mes fenêtres sont pétées, t’aurais pu nous tuer.  André pour réduire la tension va voir la victime pour donner sont point de vus : Nous le suivions, il ne roulait pas si vite que ça, il roulait 90 km/h, allez c’est un accident, il ne pouvait pas savoir qu’il perdrait une roue.

Moi j’accroche André pour l’amener à l’écart et lui dire : attention à ce que tu dis, la limite de cette zone était 70 km/h, tu ne fais que mettre de l’huile sur le feu. J’accroche par la suite la victime et lui dis que je suis le conducteur et que le camion roulait bien à 70km/h, tout en essayant de faire descente la tension. Après avoir évité le pire, nous faisons le tour de la remorque pour voir les dommages et à notre grande surprise les deux roues ne sont plus sur l’avant-dernier essieu de la remorque. Ça pouvait bien être en feu.

Le reste du voyage se passa très bien, nous avons couché dans un camping à Pointe Lebelle, à l’entrée de Baie-Comeau, à environ 2 heures de route de Port-Cartier. Superbe camping, avec des plages de sable impressionnantes.

La route de Pointe Lebelle à Port-Cartier se passe très bien, nous avons même eu le temps de nous faire un bon déjeuner avant de partir le matin. Nous sommes arrivés à Port-Cartier aux environs de 12 h. Nous décidons de nous trouver un restaurant avant d’appeler nos amis Nelson et Bianca.

Après avoir commandé, nous appelons nos amis. Ils sont déjà prêts à nous rejoindre au restaurant, il semblerait que le niveau d’eau est très bon pour faire la rivière Dominique. Un creek, pas trop difficile et très amusant, qui peut se faire en 2 heures.

Avant notre départ je propose au groupe d’organiser le souper du soir avant de faire notre descente, et nous avions déjà spotté la poissonnerie du coin. Le problème est la conservation de notre repas. Le frigidaire de la tente-roulotte n’est pas accessible et chaud, et je ne pense pas réalisable de pouvoir revenir avant la fermeture de la poissonnerie. Donc, je propose d’acheter notre souper et de le laisser au restaurant que nous venons de quitter pour le reprendre à notre convenance.

Après avoir réglé ce léger problème nous voilà partis pour l’analyse des chutes près de la route 138. Nous prenons même le temps d’aller voir la chute de la rivière Port-Cartier (à couper le souffle).

Cette rivière a été un plaisir à découvrir. Quelle belle rivière. Je dois aussi souligner nos hôtes,  ils ont été superaccueillants. Ils étaient tous les deux charmants, prenant le temps de descendre avant nous pour prendre des photos et/ou des vidéos.  Nous avons même été obligés de nettoyer un canyon d’arbres avant de pouvoir le descendre.

À la sortie de la rivière, pendant qu’André part chercher nos fruits de mer, nous installons la tente-roulotte, pour le souper seulement, dans un stationnement près de la rivière Dominique. Il nous restait encore 3 h 30 de route à faire pour se rendre à Longue-Pointe de Mingan.

Le souper fut succulent, une paella, bien arrosée de vin et de bière. Et la dernière étape de notre voyage fut beaucoup plus longue que prévu, et pas à cause de la boisson.

Nous avons appris ce qu’était un village relais. Je peux vous l’expliquer en détail. Certains marchands ont la responsabilité de répondre à toutes les urgences, peu importe l’heure. Et vous pouvez déjà deviner ce qui nous est arrivé. UNE PANNE D’ESSENCE, au milieu de nulle part, à minuit!!! Bon pour faire une histoire courte, nous avons arrêté une voiture et le conducteur nous a informés que nous étions qu’à 10km du prochain village relais. Après 20 minutes André était de retour avec un bidon d’essence.

Ouf, nous avons en bout de compte perdu que 2 heures. Rendu à Longue-Pointe on trouve la plage, on monte la tente et dodo. Pour expliquer à Longue-Pointe tu peux t’installer n’importe où sur la plage pour camper. Le lendemain, nous devions être chez Mathieu à 8h30. Donc, la nuit a été très courte, mais dormir au sont des vagues c’est tellement réparateur.

Roger Fillion

 

Jour 1, André Bélanger

La Côte-Nord, un pays dans un pays

En quittant Port-Cartier pour Havre Saint-Pierre, je croyais partir à la découverte de la rivière mythique Magpie. C’est le Québec que j’ai redécouvert, celui que nous, les gens de la ville, nous ignorons et même, avouons-le, que nous méprisons parfois. Ce n’est pas la feuille d’érable, partagée avec l’Ontario et le Nord-est des États-Unis, qui devrait être notre emblème, c’est l’épinette noire!

Deuxième arrêt le lundi matin 20 août à Longue-Pointe de Mingan chez Mathieu Bourdon, l’organisateur de l’expédition. Enseignant de plein-air à l’école Teueikan de la communauté Innue de Mingan, Mathieu est un amoureux de la rivière Magpie et un militant courageux qui porte à bout de bras la bataille contre les projets de barrage d’Hydro-Québec.

Pour Mathieu, organiser des expéditions sur la Magpie, ce n’est pas une entreprise à but lucratif, mais une vocation. Il le fait occasionnellement et dans le but de faire découvrir la rivière et ce, à un prix d’ami. Il venait d’ailleurs tout juste de compléter une descente de la rivière en compagnie des jeunes Innus de la réserve. Mathieu offre un service de grande classe : bouffe gastronomique préparée par un traiteur local (canard à l’orange, orignal aux fines herbes, crêpes, fraise et ananas frais sur un lit de nutella recouvert de sirop d’érable, etc), matériel de cuisine, le guide-cuisinier chargé de tout préparer et un cataraft pour transporter le tout. Il ne nous restait qu’à apporter nos kayaks, nos brosses à dents et à réserver l’hydravion.

11h, départ en hydravion : 45 minutes à 1 500 m au-dessus de la Côte-Nord, à admirer la Moisie, la Romaine et… la Magpie. Dépaysement total et un paysage avec des teintes de bleu, de vert foncé et de vert lime à couper le souffle.

Amerissage sur le lac Magpie : on commence l’assemblage du cataraft, une embarcation formée de deux flotteurs et d’une armature d’aluminium: de quoi transporter tout le bagage et plus encore! En fait, ça ressemble à rien d’élégant et quand on y place un guide dessus avec ses deux grandes rames, ça ne paie pas de mine. Mais fichument pratique!

La journée sera mollo et nous permettra d’explorer les premiers rouleaux. On entame alors notre cycle sympathique d’une dizaine de kilomètres par jour en mode "arrière-décor". Quoi, vous ne connaissez pas l’"arrière-décor"? C’est un jeu qui consiste à passer du point A au point B en prenant les détours les plus compliqués ou… les rouleaux les plus stimulants!

 

Jour 2, Roger Fillion

Déjà, le décor de la rivière Magpaie nous laisse sans mots. Quelle beauté, les montagnes qui nous entourent sont recouvertes de mousse bleue/verte et de lichen, les épinettes noires sont rarissimes, dû à une dévastation de la région par la tordeuse il y a environ 10 ans. On peut encore voir les ravages causés par cette dévastation par la quantité d’arbres morts encore debout. Les feuillus sont en train de coloniser cette zone dévastée.

Le camping était situé à 1Km après l’entrée de la rivière. Déjà, les rapides à l’entrée sont très intéressants. La veille, nous avons eu la chance d’identifier les rouleaux pour pratiquer le surf et diverses manœuvres. La lecture des rapides nous amène à avoir des discussions sur les différentes lignes et options.

Le déjeuner de crêpes avec bacon accompagné de fruits frais a été réconfortant. Oui des fruits frais en expédition, fraise et ananas sur un lit de nutella recouvert de sirop d’érable, Hummm.

Les moustiques étaient au rendez-vous, les petites mouches noires étaient très voraces, donc l’utilisation d’insecticides n’était pas une option.

Nous avons déjà eu des déceptions la veille. André avait pris la peine d’apporter quelques bonnes bouteilles de vin. Elles étaient introuvables, probablement oubliées dans la valise de l’auto. Mais il avait eu la bonne idée de faire provision de suffisamment de bière pour faire oublier cette bévue.

La première journée de descente était la journée avec le plus de rapides de notre expédition. Elle était par contre la plus courte en distance. Nous avions assez de temps pour faire un bon réchauffement et nous préparer à ce qui nous attendait. Les rapides étaient assez intenses et rapprochés, la plus parts nous les descendions à vu.

Jour 3, André Bélanger

un petit air de Saxophone

La rivière nous étonne! Succession de R III-IV et de S IV, le paradis des giratoires, des arrêts contre-courant et du surf. On ne va pas faire la Magpie pour le défi technique, mais pour l’immensité, les paysages, la nature sauvage, la beauté, la pêche à la truite et… pour prendre son temps. La paix, la c… de paix! 60 km de rivière en cinq jours et sept heures par jour sur l’eau : le même rythme que celui que j’avais sur l’Outaouais en juin. Et franchement, j’étais au Costa Rica avec Louis et j’ai préféré la Magpie pour le dépaysement.

Au jour 3 commence le plus gros jus. Plusieurs beaux R IV et quelques excellents rouleaux à surf. "Ce R IV ne se fait pas", nous lance notre guide. "Mais non, mais non qu’on lui répond". Eh bien, Mathieu y a fait l’une des plus belles figures sous-marines de sa carrière. Il a sauté la grande glissade et parcouru un bon 10 mètres sous l’eau. Faut le faire avec un creek boat!

Toute la journée, les vagues à surf s’enchaînent, même si on doit parcourir plus de kilomètres que d’habitude. Mais que voulez-vous, l’appel de la vague est toujours plus fort. On arrivera très tard à destination: le Saxophone. Pas trop tard, mais surtout crevé par la journée sur l’eau.

Ce très beau rapide zigzage entre des pitons rocheux et le camping se fait directement sur le cap de roche. Roger, avec sa grande tente, choisit de s’installer près d’un arbrisseau, mais surtout juste à côté d’un trou de marmite rempli d’eau. Pratique si on a envie de pisser, mais distraits, s’abstenir. L’eau est froide et la nuit est noire, ben noire!

De notre côté, Mathieu et moi, on choisit de se couper des branches d’épinettes (ce n’est pas cela qui manque dans le coin) pour se confectionner un matelas confortable et surtout aromatisé à l’huile essentielle.

Jour 4, André Bélanger

la chute des femmes

Cette 4e journée a démarré avec le Saxophone, finalement un rapide plutôt facile à la réputation surfaite, mais surtout de toute beauté! Plus loin, ce sera la chute des femmes. Pourquoi donc la gente féminine? Eh bien c’est à cause de la pitoune qui s’accumule à ses pieds en amoncellements monstrueux. On ne dira pas que les gens de la Côte-Nord n’ont pas de classe d’éviter d’utiliser le terme pitoune n’est-ce pas?

C’est un très bel endroit où manger, avec du bois bien sec en quantité. Un feu n’était donc pas de refus!

C’était aussi un gros obstacle pour nous. On choisit de portager la première partie, un seuil pas accueillant du tout du tout, et de descendre la seconde partie. La manoeuvre est pas évidente, puisqu’il y a un contre-courant plutôt agressif et qu’il faut se donner une bonne swing pour éviter de se faire rincer les narines par un trou en amont du rapide. Comme j’ai eu la chance de m’y essayer à deux fois, alors j’ai eu deux nettoyages en règle. Mes amis ont pu constater mes très grandes capacités respiratoires quand ils m’ont vu descendre la tête sous l’eau jusqu’en bas. L’honneur a été sauf toutefois puisque j’ai pu descendre correctement la seconde fois.

Le soir, coucher à la tête de la chute 4, chute emblématique de la Magpie. Très bel endroit pour se préparer psychologiquement à affronter la journée 5, celle de tous les portages.

Jour 5, André Bélanger

Des chutes ahurissantes!

Le clou de l’expérience, ce sont les chutes 4 et 3, portages obligatoires. Les chutes sont numérotées depuis le fleuve. La première, près de la route et du fleuve, est fermée par un barrage, la seconde à moitié noyée par le lac artificiel créé pour alimenter la première. Il nous reste la 3e et la 4e, mais commençons par la 4e, puisque c’est de l’amont que nous arrivions.

La quatrième chute est immense, mythique, avec portages à la clé. On dit que le pas très modeste Steve Fisher aurait refusé de sauter les chutes, c’est pour dire. Pour l’admirer, on termine le portage et on peut remonter au pied de la chute. De là, randonnée sur les rochers pour la surplomber. Surprise: un nid d’aigle fixé dans une anfractuosité d’un surplomb, juste au-dessus du torrent, à l’abri de toute forme de prédateur.

On y est resté pas mal longtemps à se laisser impressionner par la force de l’eau. Respect!

La troisième chute, ç’a été mon coup de coeur. Je me pensais à Iguazu en Argentine : des trombes d’eau qui s’écoulent en de multiples cascades autour de gros caps de roche recouverts d’une forêt riche et généreuse. J’avoue, le portage était chiant et sale; mais il en valait la peine! En passant, si vous y allez, portez des pantalons longs: les bruyères nordiques sont d’une efficacité redoutable pour vous arracher des morceaux de peau au passage.

L’expérience a été bonne. Tellement bonne que mon petit doigt me dit qu’on va probablement répéter l’expérience l’an prochain.

Festival de la haute Gatineau 2014

Je vous invite à prendre confortablement place dans vos chaises pour nous suivre dans le cœur  de l’édition 2014 du Festival d’eau vive de la Haute-Gatineau qui se tient toutes les années à Maniwaki depuis 18 ans.

Quand on pense que cela a commencé par une volonté de sauver la rivière d’un barrage, on ne peut s’empêcher d’avoir du respect pour des visionnaires qui ont su sauvegarder un bijou, tant pour les riverains que les amoureux de la pagaie, et les générations à venir !

Afin de vous faciliter la lecture, vous aurez quatre volets :

Volet 1 : Roger le maître Jedi de la pagaie
Volet 2 : Yann le téméraire
Volet 3 : Brigitte l’audacieuse
Volet 4 : Armelle la silencieuse

Je ne pouvais me résoudre à modeler les expériences qui ont été partagées. Il est surprenant de constater à quel point nous avons une vision unique des évènements. Notre quartet ne s’est pas quitté de la fin de semaine, et pourtant nous avons tous vécu ces trois jours différemment.

Commençons par celui qui rassemble, ramasse, éduque et dorlote ses canetons du KEV2 dans des eaux parfois tumultueuses.

Volet 1 : Roger le maître Jedi de la pagaie

Après ce gros week-end de Kayak avec une température exceptionnelle et des conditions idéales, je suis de retour pour écrire un article pour le CCKEVM.  La rivière était à un niveau de 8.5 et il avait au rendez-vous annuel environ 450 participants.

Comme toujours, beaucoup de canot et environ 15% des participants en Kayak, dont une grande partie était du CCKEVM. Moi, Roger Fillion, accompagnais des débutants de l’année 2014 qu’ils n’avaient que quelques mois d’expériences en kayak. Dans ce groupe trois n’avaient pas encore fait cette rivière et pour les autres, ils avaient déjà fait cette rivière à quelques reprises.

Nous avons eu beaucoup de plaisir et d’émotion lors de notre week-end. Je suis très surpris de  l’apprentissage de nos recrus, leurs déterminations et leurs contrôles est impressionnant. Ils ont tellement progressé au cours des derniers mois, c’est époustouflant. Déjà plusieurs ont commencé à avoir du plaisir et du confort même dans les plus gros rapides. J’ai vu des lignes moins bien réussi mais avec des esquimautages solides.

Je ne peux pas m’empêcher de souligner la détermination de Brigitte, Armelle et Yann qui m’ont suivie le dimanche dans le Class V de Grand Remous – « La gueule du Lion ». À la première descente, je pouvais lire l’hésitation sur le visage de plusieurs mais la détermination était présente.  Armelle a même réussi à faire une descente parfaite sans même avoir besoin d’esquimauter, WOW!

Après cette épreuve, je demande rapidement s’il y en a qui sont prêts à refaire une deuxième descente, et à ma grande surprise je suis forcer de les suivre. Superbe groupe, je vois que les liens qu’ils ont tissés entre eux sont exceptionnels.

Je dois aussi souligner le beau sourire de Brigitte, lorsqu’elle nous annonce que c’est son premier week-end sans nage. Félicitation Brigitte.

Yann ma énormément surpris par sa détermination, il esquimaute parfaitement des deux côtés déjà. Il n’hésite pas à sortir de sa zone de confort pour toujours apprendre un peu plus.

J’ai toujours le même sentiment, seul le kayak d’eau vive peut créer ce type de lien d’échange et de support. Ils ne sont même pas partis qu’ils discutent de la prochaine rencontre à Valleyfield et de la prochaine sortie à venir.

Volet 2 : Yann le téméraire

Continuons avec Yann, qui dès le début avait choisi de faire partie du groupe des crinqués du KEV2 et qui fait honneur à sa réputation.

Lors de mon KEV2 certains moniteurs parlaient de leurs expériences personnelles avec la rivière de la Haute Gatineau lors du festival de l’année précédente et j’avais trouvé leurs histoires assez drôles. Le fait est que la rivière n’était pas pour les débutants et qu’ils l’avaient passée sur les fesses tout le long du Festival. Leurs témoignages étaient vraiment venus me chercher d’une part parce qu’il n’y avait pas eu de conséquences et qu’il y avait de beaux moments en soirée pour festoyer la défaite contre la rivière. Après mon KEV 2 je n’ai pas vraiment eu la chance de pratiquer le kayak et de m’améliorer, mais j’ai tout de même décidé de m’inscrire au Festival et par la suite, essayé de me trouver un encadreur pour me guider à travers le Festival. Avec Brigitte et Armelle, nous avons réussi à nous trouver un encadreur à travers le club et nous avons même réussi à organiser le covoiturage pour sauver sur l’essence. Se faire parrainer dans un évènement d’une telle envergure est vraiment magnifique surtout pour moi, puisque je n’avais jamais participé à un festival d’une telle grosseur et j’ai vraiment apprécié le fait d’être en si bonne compagnie. Dès la première heure passée sur l’eau, nous avons été encadrés de façon intensive. Ce que je veux dire par-là, c’est que oui on faisait de la descente, mais aussi par la même occasion on pratiquait nos techniques, de façon à ne pas juste avoir du plaisir à être sur l’eau, mais aussi à peaufiner nos techniques et nos habiletés avec nos kayaks.  Ce qui a vraiment fait ma fin de semaine c’est que même en ayant chaviré je n’ai pas nagé, et que Roger  a vu un beau progrès dans mes techniques et mes habiletés. Et pour finir la fin de semaine en beauté, notre encadreur Roger nous a emmenés sur une partie de la Haute Gatineau appelée La gueule du lion à Grand Remous. Cette partie de la rivière était vraiment spectaculaire et nous avons tous tenté notre chance. Bien qu’elle ait eu raison de mon équilibre lors de mes deux tentatives j’ai tout de même gardé ma partie parfaite sans nage contre la Haute-Gatineau et je n’ai pas dit mon dernier mot à cette gueule du lion.

Au plaisir de vous avoir parlé de mon expérience et espérant vous croiser sur l’eau très bientôt.

Yann Archambault débutant (fort) cuvé 2014          

Volet 3 : Brigitte l’audacieuse

Poursuivons avec Brigitte, la référence en termes de sourire. Sans compter ce qui est devenu un classique dans ses expressions nautique : « OMG ». Un must quand on peut l’entendre live !

Montréal, le 25 août 2014

C’est la rentrée scolaire et un de mes souvenirs de la rentrée est qu’on devait souvent raconter ou écrire nos vacances d’été ou notre moment favori des vacances. Eh bien si j’avais à vous décrire mon moment favori de l’été 2014 ce serait sans contredit le Festival d’eau vive de la Haute Gatineau.

J’ai découvert le kayak d’eau vive à la fin de l’été 2013 avec un cours d’initiation chez KSF, puis j’ai suivi les cours en piscine avec le CCKEVM à l’hiver 2014. C’était bien les cours en piscine, mais le vrai défi a commencé au cours d’initiation en eau-vive fin mai 2014.

Alors le kayak d’eau-vive c’est tout un sport et puis le monde du kayak c’est du bon monde! J’ai fait plein de nouvelles rencontres de gens passionnés, dévoués et enthousiasmés de partager leur passion. Et d’autres novices comme moi animés par différentes motivations, mais qui partagent tous le même plaisir à apprivoiser ce sport extrême.

Au fil de l’été je navigue les rivières en essayant de maitriser toutes les techniques de ce sport extrême guidé par les précieux conseils de différents moniteurs et par le goût de l’aventure. Et puis je m’inscris avec quelques autres débutants que j’ai rencontrés lors de mon KEV2 au Festival d’eau-vive de la Haute-Gatineau, une dernière sortie accessible aux débutants comme moi pour la saison 2014.

L’ambiance du Festival était super cool! Des kayakistes, des canoteurs, des gens de tous âges qui apprécient passer une journée à descendre une rivière avec tous les défis qu’elle comporte.

Je me suis surpassée ce week-end-là ! Entre les précieux conseils prodigués par Roger Fillion et mon coach personnel Yann Archambault qui faisait partie de la gang des “crinqués” du KEV2 et qui me disait : «Brigitte: Pas de nage! ». Que d’accomplissements ce week-end. Alors les encouragements déterminés de mon coach ont portés fruits, car j’ai réussi tous mes esquimautages, je n’ai pas nagé de la fin de semaine ce qui est en soi déjà une grande première. Ensuite grâce aux bons conseils de Roger en lecture de rivière j’ai commencé à être plus à l’aise à faire moi-même mes lignes, à arrêter de suivre comme un caneton et aussi à tenter des manœuvres plus audacieuses pour un débutant!! J’ai monté sur l’épaule de « l’Agneau de Dieu » et aussi réussi la ligne dans « Le Mur »: passer derrière la vague de surf et traverser au bon endroit la tête au sec!! Quelle fierté j’ai ressentie…

Tout cela et le soir, bonne bouffe, bon vin, bonne compagnie quoi demander de mieux?

La cerise sur le Sunday de mon week-end : 2 descentes de la “Gueule du lion”!

Alors avant de se rendre à la gueule du lion mon coach me dit : « Brigitte si tu nages dans la gueule du lion c’est un freebie, ça ne compte pas dans ta fin de semaine pas de nage ». Et puis il n’y a que les fous qui ne changent pas d’idée, dès que l’on est assis dans nos kayaks, à quelques instants de la descente épique du rapide de classe V, Yann se retourne me regarde et me dit : « Brigitte pas de nage !». J’esquisse un sourire, mi-nerveuse, mi-excité et je réponds : « OK pas de nage! »

Je ne sais même pas comment vous le décrire… C’était simplement magnifique, grandiose. Je vous jure mon bateau s’est engagé dans le rapide et j’ai vraiment lâché un « Ohhh…… my…… God….! » au ralenti, pas de blague. C’était déjà impressionnant du haut du pont couvert, mais rien comme ce que tu vis en le descendant!  Tu commences à descendre, monte/traverse l’énorme champignon et là tu découvres que tu descends à toute vitesse dans les remous et puis par manque d’appuis hop là! je me retrouve la tête à l’envers encore en train de montrer le dessous de mon bateau, quelle indécence, mais voilà un petit esquimautage et le sourire fendu jusqu’aux oreilles j’y retourne!!!! 

Brigitte

Volet 4 : Armelle la silencieuse

Nous terminerons notre descente avec un soupçon de rébel-lion…

Contrairement à mes équipiers du KEV2, je connaissais l’évènement pour avoir eu la chance d’y participer pour la première fois l’année passée. Un ami extrémiste du canot m’avait invité à venir jouer avec lui sur l’eau. Ce que nous avons fait, il n’y a pas une vague que nous n’avons pas surfé. C’est d’ailleurs un peu là que la piqure de l’eau vive a refait surface.

Si vous vous enlignez vers votre 1ere édition, attendez-vous à un rassemblement de plusieurs centaines de personnes qui ont tous la même passion, l’eau vive. Pour eux c’est le happening de l’année, pour vous cela sera peut-être votre baptême, le genre qu’on n’oublie jamais, et qu’il faut vivre au moins une fois dans sa vie de pagayeur.

Il est vrai que les canots sont là en force, mais les kayakistes ne laissent pas leur place dans le show ! Cette année j’ai vu une belle licorne gonflable dans un canot qui chevauchait les rouleaux. Même au plein milieu des bouillons il y a place à l’expression artistique.

J’en étais à ma troisième fin de semaine sur cette rivière pour cette année, je savais donc à quoi m’attendre, mais les papillons me mangeaient pareil l’estomac, jusqu’à ce que Roger accepte de passer la fin de semaine avec notre trio. Là j’étais sereine sauf au sujet de Lucifer et Haute Tension qui étaient mes bêtes noires.

L’ambiance bon enfant et la participation de tous pour monter et descendre les embarcations des camions contribuent à rendre l’évènement unique. Des experts et des intermédiaires se partagent la rivière avec le sourire, chacun prend le temps de regarder les pagayeurs jouer de leurs atouts pour franchir les rouleaux et surfer sur les vagues. Je reste encore bouche bée devant ceux qui font des figures avec une aisance qui défie la physique. Notre Maître Jedi de la pagaie faisant partie de l’un d’entre eux !

Finalement  j’ai croisé le fer avec Lucifer, il aura eu gain de cause une fois et j’aurai gagné la partie l’autre fois. Ce que je considère comme équitable. Mais ma plus belle réalisation aura été d’être parvenue à ne plus avoir la peur au ventre d’une expérience passée où je me suis fait tellement brasser (dans un rouleau qui me gardait) que je n’arrivais même pas à dessaler. La seule vraie frousse que j’ai eue sur cette rivière. Ça, c’était mon exploit.

Puis, après avoir refusé plusieurs invitations pour sauter la petite chute au Corbeau, l’enthousiasme de Yann et les encouragements de Roger auront eu gain de cause. J’étais comme inquiète parce que j’avais vu des experts se faire manger par le rappel en bas de la chute et des kayaks danser sans leur capitaine pendant de longues minutes. J’avais besoin de trois ingrédients pour réussir : trajectoire, vitesse, angle et boof. J’ai manqué de vitesse et malgré un bon boof, mon sort était scellé. Trois p’tits tours qui brassent pas mal et puis s’en vont pour dessaler. Mon kayak m’a suivi une minute après, c’était son baptême de battage en solo !

Et pour faire honneur à la catégorie des dé-but-temps, j’ai nagé deux fois par jour. Histoire de me rafraichir un peu et de me fâcher contre moi parce qu’en eau calme je roule quasiment comme une loutre. Enfin j’exagère un peu …

Pour finir avec la cerise sur le Sunday (oui nous étions dimanche), Roger nous invitait à descendre dans la Gueule du Lion qui porte si bien son nom ! Un magnifique pont couvert le surplombe. Quand nous avons stationné les voitures, juste le bruit du rugissement de l’eau me donnait froid dans le dos. Puis, en avançant dans le pont couvert pour se rendre au spot qui surplombe l’une des seules passes de ce classe V, Roger m’interdisait de regarder. Il voyait dans ma face que je chokais. Il avait beau expliquer la ligne et donner les directives, nous rappeler que cela se passerait si vite qu’on n’aurait pas le temps de réaliser grands choses, j’voulais pas y aller. Il n’y avait que Roger qui pouvait me convaincre avec sa légendaire question : « est-ce que tu me fais confiance ? T’es capable ». Me demandez pas comment j’ai fait pour passer la tête au sec la première shot. Le petit lion en moi a rugi plus fort que le gros en dehors ! Ben non, c’était juste un coup de chance. Le taux de réussite est de 20%, j’appelle cela la chance du débutant. La deuxième shot, là le molosse c’est repris et la formule : fatigue de la fin de semaine, esquimautage so-so dans les bouillons et lavage de sinus aura eu gain de cause, j’ai nagé. Mais je dois tout de même tirer mon chapeau et plus précisément ma pagaie à Roger pour avoir insisté. Je n’avais encore jamais vécu une telle sensation dans mon kayak. Monter sur un énorme champignon et ensuite descendre dans une vraie gueule de lion qui vous mange tout cru !

Comme le mentionnait Roger, on ne passe pas au travers de tant d’émotions sans créer des liens solides. C’est cela aussi le kayak, tisser une toile empreinte de toutes nos sensations et la coudre avec le fil de la confiance et de l’amitié. Et c’est encore plus plaisant lorsqu’on entend ses compères qui racontent leur aventure avec des yeux qui pétillent autant qu’un enfant devant une vitrine de jouets. Priceless !

Armelle

Beaver fest 2013, Louis Dionne

De retour après un autre BeaverFest.

Repos et retour en arrière sur cette belle fin de semaine.

De nouveaux bons souvenirs se sont rajoutés et pour plusieurs, qui en étaient à leur première visite, j'espère que vous avez eu bien du plaisir. De l'histoire d'Eugénie de La Tuque à la démarche plutôt erratique du fêté (Pinso) en passant par toutes les sections descendues:

  • 2 descentes de Taylorville samedi avec plus retour sur la Great White slide, Dogleg, le petit wedge ou le dernier boof.
  • La seule descente de Moshiers (de toute l'année) avec une longue file d'attente pour répéter la chute première du de 10-12 pieds (class III) et qui se termine avec l'intimidante Moshiers Falls (class V). Plusieurs de nos recrues s'y sont lancées avec grand succès d'ailleurs! Judith, Christina, Alex, Jérôme, Andrew, Ariane, Patrizia et à ceux/celles que j'oublie.
  • Eagle, un petit creek de 300m bien pentu et avec une couple de bonne slide. Assez de spectateurs que ca devient difficile de passer pour remonter son kayak.
  • Finir avec solide La Raquette, sur le chemin du retour lundi (3x rapides de classe V, 1x IV+ et quelques IV) avec quelques irréductibles. D'autres absorbaient sur le sentier longeant, ou avaient trop absobés la veille pour être en forme...

Bien sur, tout n'a pas tourné comme sur des roulettes tout le temps.

  • Roger qui nage au premier rapide de la fin de semaine.
  • Pinso va y repenser 2 foix avant de suivre un open boat dans Eagle
  • Il y en a une qui doit refaire sa manucure, thanks to Eagle.
  • Quelques petits problèmes de logistiques; on couche où, on defait-y la tente, oui/non, oops oublié ceux-là. Moi ça fait 45min que j'attends!... pas grâve, on part s'en eux. Oops! On a perdu Renaud!

Je voudrais remercier plus particulièrement mon petit groupe avec qui ce fut très agréable de pagayer; Roger, Bertrand, Ariane, Andrew (et Alexande lundi) et la charmante Patrizia qui malgré ses allures de mère poule s'est tout de même tapé Moshiers Falls et Particule Accélerator (classe V sur La Raquette)…

Bon, on peut rêver à la prochaine sortie...

Beaver fest 2013, Roger Fillion

Superbe fin de semaine de la fête du Travail sur la rivière Beaver. Voici le lien de American White Water (AWW) des sections de rivière de notre fin de semaine :

Beaver - section Taylorville

Beaver - section Moshier

Beaver - section Eagle

Raquette - Colton to Brown's Bridge

Le camping a été un peu compliqué, mais à vrai dire il y a beaucoup d’endroits pour installer une tente de façon non officielle. La plupart s’installent pour la première journée près de la sortie de la section de Taylorville.

Nous manquions d’information pour le point de rencontre, alors nous avons été dans le seul camping de la place qui était plein pour les tentes-roulottes. Mais ils nous ont accommodés en nous proposant de nous installer sur le bout d’un site d’un saisonnier.

Jour 1 - Beaver section Taylorville

Cette section était la plus facile de toutes, nous l’avons fait la première journée. Je pourrais la décrire comme étant une superbe section pour s’initier au creek. Tous les rapides se portagent, et la plupart des rapides sont assez courts avec des lignes pas trop difficile. L’utilisation d’un bateau de creek est fortement recommandée, mais moi j’avais mon petit bateau de descente et j’ai eu bien du plaisir (@!???) sans avoir trop de difficultés à faire les rapides. Les chutes sont très bien, aucun rappel majeur, donc possibilité de faire de l’expérimentation de saut de chute à plusieurs répétitions.

Nous avons fait deux descentes de cette section.

 

Jour 2 AM - Beaver section Moshier

Un peu plus difficile que la section Taylorville en excluant les chutes de la fin qui sont d’un niveau beaucoup supérieur - classe V. Tous les rapides se portagent. La dernière section est très technique avec l’enchainement de 5 seuils. Dans l’ensemble, cette section est difficile, mais peut se faire assez bien en ayant de la précision dans ces lignes et un bon esquimautage et les conséquences ne sont pas trop effrayantes.

Jour 2 PM – Beaver section Eagle

Superbe section de classe V, que j’aurais aimé faire, mais j’avais une douleur à l’épaule (à force de chandelles arrières?) et j’ai donc préféré être disponible pour la prise de photos et la signalisation sur la rivière.

Jour 3 – Raquette à Colton

Une section très impressionnante qui débute avec un rapide de classe V avec beaucoup d’obstacles. Encore une fois, je n’ai pas participé à la descente, mais j’ai pris de très bonnes photos.